Le Bénin accueille depuis mercredi 9 septembre 2026 à Cotonou le deuxième séminaire ministériel de haut niveau consacré aux femmes, à la paix et à la sécurité en Afrique. La rencontre intervient alors que le pays assure, pour le mois de septembre, la présidence du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine.
La cérémonie d’ouverture a été présidée par la ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, au nom du gouvernement. Des ministres des États membres de l’UA, des responsables du CPS, des experts et plusieurs invités internationaux participent aux travaux.
Un bilan deux ans après Swakopmund
Le séminaire de Cotonou sert de cadre à une évaluation du Processus de Swakopmund, lancé en mars 2024 en Namibie lors d’un séminaire ministériel du CPS. Ce mécanisme vise à renforcer la participation des femmes aux processus de paix et de sécurité sur le continent.
Quatorze mesures avaient été retenues lors de la rencontre de 2024. Elles concernent la Commission de l’Union africaine, les États membres et la société civile. Parmi les orientations figurait la mise en place d’une politique de parité dans les processus de médiation conduits ou soutenus par l’UA. Le CPS avait également envisagé un objectif d’au moins 30 % de femmes parmi les médiateurs dans les processus de paix formels.
Deux ans plus tard, le gouvernement béninois constate que la représentation des femmes dans les institutions africaines reste insuffisante. Le séminaire de Cotonou doit donc permettre d’examiner les avancées réalisées et les actions restant à engager.
Participation, prévention et protection
Les discussions de Cotonou sont organisées autour de trois axes : la participation, la prévention et la protection. Le gouvernement béninois indique que ces travaux doivent contribuer à renforcer la présence des femmes dans les mécanismes de prévention et de règlement des conflits.
La ministre Corinne Amori Brunet a appelé les représentants des États participants à soutenir la mise en œuvre de la Convention de l’Union africaine consacrée à l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles. Plusieurs panels réunissent des experts chargés d’identifier des mesures destinées à accroître la représentation féminine dans les États membres.
Le gouvernement béninois rappelle aussi certaines mesures nationales prises en faveur de l’accès des filles à l’éducation. Il cite la gratuité de l’enseignement secondaire général et technique public pour les filles comme l’une des actions engagées dans cette direction.
Des responsables africains réunis à Cotonou
Le séminaire accueille Liberata Mulamula, envoyée spéciale de l’Union africaine pour les femmes, la paix et la sécurité, ainsi que Doris Mpoumou, représentante spéciale d’ONU Femmes auprès de l’UA et de la Commission économique pour l’Afrique. L’ancienne vice-présidente de l’Ouganda, Speciosa Naigaga Wandira Kazibwe, participe également aux travaux.
La question de la participation féminine aux processus de paix repose aussi sur un enjeu de durabilité. Une analyse de l’Institut d’études de sécurité rapporte que la participation des femmes augmenterait de 35 % la probabilité qu’un accord de paix reste en vigueur pendant au moins quinze ans. À Cotonou, le Processus de Swakopmund entre ainsi dans une nouvelle phase d’évaluation, avec l’objectif de préciser les mesures destinées à renforcer la participation des femmes dans les politiques africaines de paix et de sécurité.


