Dans le cadre de sa politique d’inclusion sociale, le gouvernement béninois intensifie ses efforts pour garantir la protection et la promotion des droits des personnes en situation de handicap. Au cœur de ce dispositif, la carte d’égalité des chances, délivrée sous la tutelle du ministère de la Famille et de l’Action sociale, constitue un document administratif essentiel qui permet d’accéder à un ensemble de mesures préférentielles.
Encadré par la loi n°2017-06 du 29 septembre 2017, cette carte atteste officiellement du statut de son titulaire et vise à lui offrir un accès équitable aux services publics et sociaux. La grande particularité de ce document réside dans la mention explicite du taux d’incapacité, établi conformément aux dispositions de l’arrêté n°054 du 18 juin 2024. En classant le niveau de handicap de léger à sévère en fonction du pourcentage attribué, cette donnée sert de point de référence précis pour orienter l’accompagnement et adapter l’aide de l’État. Comme l’a souligné la ministre de la famille et de l’action sociale, Véronique Tognifodé, cette identification formelle apporte une traçabilité et une fiabilité indispensables à la mise en œuvre des politiques sociales au Bénin.
Une carte aux multiples avantages sociaux
Sur le plan pratique, la détention de la carte d’égalité des chances donne droit à de précieux avantages destinés à faciliter le quotidien des personnes porteuses de handicap et à renforcer leur autonomie. Dans le secteur de l’éducation et de la formation professionnelle, la carte donne droit à une prise en charge spécifique lors des examens et concours. Les apprenants peuvent ainsi bénéficier d’un temps de composition majoré pouvant aller jusqu’à un tiers du temps réglementaire, d’une adaptation des épreuves physiques, mais également d’une dérogation d’âge de cinq ans pour l’inscription à l’école, l’accès aux bourses d’études et la candidature aux concours.
L’insertion professionnelle et l’émancipation économique figurent également au centre des avantages offertes par cette carte. Pour l’accès à la fonction publique, une réserve de 5 % des places est directement accordée aux personnes handicapées, en plus de la majoration de cinq ans sur la limite d’âge requise. De plus, les étudiants et porteurs de projets bénéficient d’appuis financiers dédiés et d’un accès privilégié au crédit inclusion du fonds national de microfinance.
À ces mesures d’insertion s’ajoutent des exonérations matérielles et logistiques significatives. Les titulaires de la carte peuvent acquérir sans frais de douane ni taxes le matériel de mobilité et les aides techniques nécessaires à leur quotidien, tels que les fauteuils roulants, les prothèses ou les cannes. Le texte prévoit aussi des gratuités ciblées, à l’image de l’exonération des frais de monte-charge au niveau de l’aéroport, ainsi qu’un accès facilité aux domaines de la santé, des transports, de l’habitat, de la culture et du sport.
Conditions d’accès à la carte
Afin de bénéficier de l’ensemble de ces prérogatives, la démarche à suivre a été simplifiée et décentralisée. Le demandeur doit se rendre au guichet unique de protection sociale (ancien centre de promotion sociale) de sa localité de résidence pour y retirer la fiche d’identification requise. Le dossier complet est constitué d’une demande adressée à la ministre de la famille et de l’action sociale, de la fiche d’identification dûment remplie, d’une photo d’identité, d’une attestation de résidence et d’une copie de la pièce d’identité si le demandeur en possède une.
L’élément le plus déterminant du dossier reste le certificat médical spécial, qui établit la nature de la déficience et évalue le taux d’incapacité. Délivré gratuitement par des médecins agréés désignés par le ministère chargé de la Santé, ce document médical garantit l’objectivité de l’évaluation. La liste de ces praticiens habilités est disponible auprès des guichets uniques de protection sociale, assurant ainsi une orientation claire pour les usagers.
À travers ce dispositif structuré, le Bénin montre sa volonté de briser les barrières liées au handicap et de donner à chaque citoyen les moyens de participer pleinement au développement national. Il revient à présent aux personnes porteuses de handicap et aux différentes associations ou parents de personnes porteuses de handicap de s’activer pour entrer en possession de cette précieuse carte pour leur bien-être.



