Abuja a réaffirmé, vendredi 11 septembre, sa volonté de renforcer ses liens avec ses principaux partenaires internationaux à la veille du 18e sommet des BRICS. L’assistant spécial principal du président pour les médias et la communication, Stanley Nkwocha, l’a annoncé dans un communiqué diffusé à Abuja.
Cette déclaration intervient alors que le pétrole continue de peser lourd dans les comptes publics nigérians : les hydrocarbures représentent toujours près de 90% des recettes d’exportation et environ 40% des ressources fiscales fédérales, malgré une croissance de plus en plus portée par les services, l’agriculture et les télécommunications. C’est précisément cette fragilité budgétaire que le gouvernement fédéral cherche désormais à corriger en misant sur des partenariats commerciaux élargis, loin du seul secteur énergétique.
Un sommet organisé à New Delhi
Le 18e sommet des dirigeants des BRICS se tiendra les 12 et 13 septembre à New Delhi, sous la présidence tournante de l’Inde. Le thème retenu par la présidence indienne, « bâtir la résilience, l’innovation, la coopération et la durabilité », doit structurer les discussions entre les onze membres du groupe : Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud, Égypte, Éthiopie, Iran, Émirats arabes unis, Indonésie et Arabie saoudite.
Le Nigeria n’est pas membre à part entière du groupe mais participe régulièrement aux rencontres en tant que partenaire, notamment lors de la réception marquant les 20 ans des BRICS organisée à Moscou en juin dernier, aux côtés de l’Inde, de l’Éthiopie, de l’Indonésie et d’une dizaine d’autres délégations. Cette présence répétée montre l’intérêt croissant d’Abuja pour un forum réunissant près de la moitié de la population mondiale et environ 40% du PIB global.
La diversification économique en toile de fond
Selon le communiqué relayé vendredi, le gouvernement fédéral entend utiliser le rendez-vous indien pour consolider ses partenariats dans le commerce, l’investissement, l’agriculture, les minéraux solides, la technologie et l’innovation. Cette orientation traduit une stratégie amorcée ces derniers mois : la centralisation des recettes pétrolières et gazières sur le compte de la fédération, décidée par décret présidentiel en février, visait déjà à mieux encadrer une manne budgétaire jugée trop volatile.
Le pays a par ailleurs vu sa production quotidienne de brut reculer à 1,55 million de barils au premier trimestre 2026, contre 1,62 million un an plus tôt, pendant que la montée en puissance de la raffinerie Dangote transformait le Nigeria d’importateur en exportateur de carburants raffinés vers l’Europe. Cette situation renforce la logique d’une recherche de débouchés commerciaux hors énergie, un axe que Lagos avait déjà souligné lors du précédent sommet des BRICS à Rio de Janeiro, en juillet 2025.
Une présence diplomatique répétée
La participation nigériane aux BRICS ne date pas du sommet indien. Dès juin 2026, des représentants de l’ambassade du Nigeria assistaient à Moscou à une réception diplomatique célébrant les deux décennies du groupe, aux côtés de délégations venues d’Ouganda, du Kazakhstan ou encore de Cuba. Cette régularité traduit une volonté d’ancrage progressif dans les instances multilatérales portées par les puissances émergentes, sans que le Nigeria ne revendique pour l’instant un statut de membre permanent.
Le pays le plus peuplé d’Afrique, avec près de 200 millions d’habitants, cherche depuis plusieurs années à réduire sa dépendance à un seul produit d’exportation. La rencontre de New Delhi offre, selon la présidence nigériane, l’occasion de mettre en avant les secteurs des télécommunications, de l’agriculture et des services financiers auprès d’un forum représentant environ 26% du commerce mondial.



