Stanislav Morozov a été condamné à 14 jours d’arrestation administrative à Penza, en Russie, après la diffusion d’une vidéo montrant son vote lors des élections législatives. Le tribunal a retenu à son encontre le chef de « petit hooliganisme », selon son service de presse cité par le média indépendant 7×7 et confirmé par Kommersant.
Le vidéaste avait publié le 19 septembre une séquence tournée dans la rue pendant laquelle il remplissait ses bulletins. Sur l’un d’eux, il avait rayé le nom du candidat de Russie unie et coché les cases des autres candidats. Sur un autre, il avait inscrit une injure visant Vladimir Poutine. La vidéo a ensuite été retirée, mais une copie a circulé sur Telegram.
Une arrestation confirmée après la diffusion de la vidéo
La mère de Morozov avait confirmé sa détention auprès de la chaîne Telegram Ostorozhno, Novosti, tout en indiquant qu’elle ne connaissait pas initialement le motif de l’arrestation. Le service de presse du tribunal de Pervomaïsky à Penza a ensuite précisé que la sanction de 14 jours reposait sur l’article 20.1 du Code russe des infractions administratives, relatif au « petit hooliganisme ».
Le tribunal n’a toutefois pas publiquement détaillé l’acte précis ayant constitué l’infraction. Les sources disponibles établissent donc le lien temporel entre la publication de la vidéo et l’arrestation, mais ne permettent pas d’affirmer que l’insulte adressée à Poutine constitue, à elle seule, le fondement juridique de la condamnation.
Morozov était déjà suivi par les autorités russes. Selon Mediazona, le FSB avait ouvert en juillet une procédure pénale le visant pour des accusations d’« appels publics à l’extrémisme », après la publication d’une vidéo consacrée aux méthodes utilisées pour pousser des habitants de la région de Penza à signer des contrats avec le ministère russe de la Défense. Il avait alors été brièvement détenu et soumis à une interdiction de quitter le territoire.
Un scrutin marqué par la guerre en Ukraine
L’affaire intervient quelques jours après les élections à la Douma d’État, organisées du 18 au 20 septembre. Il s’agissait du premier scrutin législatif national depuis le début de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine en 2022. Les 450 sièges de la chambre basse étaient renouvelés. Associated Press a décrit une campagne marquée par une forte limitation de la concurrence politique et l’absence de plusieurs opposants à la guerre.
Selon les résultats communiqués par la Commission électorale centrale après le dépouillement de plus de 95 % des bulletins, Russie unie, le parti soutenant Poutine, a obtenu 57,83 % des suffrages de liste. Ce résultat devait lui attribuer 355 des 450 sièges de la Douma, contre 49,8 % lors des élections de 2021.
Le cas de Morozov intervient ainsi dans un scrutin dont les autorités russes ont présenté les résultats comme une confirmation du soutien au pouvoir, tandis que plusieurs médias et observateurs internationaux ont souligné les restrictions imposées aux candidats et formations opposés à la guerre.



