Les ONG devront réserver au moins 80 % de leur budget aux investissements directs au Burkina Faso. Cette nouvelle règle a été adoptée jeudi 24 septembre 2026 à Ouagadougou, lors du Conseil des ministres présidé par Ibrahim Traoré, avec plusieurs dispositions encadrant l’obtention du statut d’organisation non gouvernementale.
Les autorités veulent réduire la part des financements consacrée au fonctionnement des organisations. Selon le gouvernement burkinabè, une part plus importante des ressources collectées au nom des populations devra financer directement les actions auxquelles elles sont destinées.
De nouvelles conditions pour obtenir le statut d’ONG
Le seuil de 80 % accompagne une révision plus large des relations entre l’État et les organisations concernées. Deux décrets adoptés en Conseil des ministres précisent les conditions permettant d’obtenir officiellement le statut d’ONG. Le ministre de l’Économie et des Finances, Aboubacar Nacanabo, a expliqué que les associations relevant du droit burkinabè devront conclure un accord-cadre avec l’État. Les organisations étrangères seront régies par une convention de siège.
Les structures concernées auront deux ans pour adapter leur fonctionnement aux nouvelles règles. Leurs activités pourront également être examinées sur les plans administratif, financier et technique. Un montant minimal d’investissements cumulés fait aussi partie des critères prévus pour accéder au statut d’ONG.
Une réforme engagée depuis 2025
La décision prolonge plusieurs changements apportés à la réglementation des associations depuis 2025. Le 17 juillet de cette année-là, l’Assemblée législative de transition avait adopté une nouvelle loi encadrant la liberté d’association. Composé de 87 articles, le texte a remplacé la législation qui était appliquée depuis 2015. Cette réforme avait déjà modifié les conditions permettant aux associations étrangères d’accéder au statut d’ONG. La capacité des organisations à financer et réaliser des projets de développement faisait partie des éléments pris en compte pour leur reconnaissance.
En octobre 2025, le gouvernement avait également décidé que les ONG et associations agréées devaient domicilier leurs comptes de disponibilités auprès de la Banque des dépôts du Trésor. Cette obligation concerne les ressources provenant, entre autres, des dons et des subventions reçus pour leurs activités.
Deux ans pour appliquer les nouvelles règles
Les décrets adoptés le 24 septembre 2026 précisent l’application du dispositif issu de la réforme de 2025. Le gouvernement prévoit un encadrement plus strict des conditions d’accès au statut d’ONG et de l’utilisation des ressources mobilisées par ces structures.
L’obligation de consacrer au moins 80 % du budget aux investissements directs constitue la principale contrainte financière annoncée lors du Conseil des ministres. Les organisations déjà actives au Burkina Faso disposent cependant d’une période de deux ans pour se conformer aux nouvelles exigences administratives et financières.



