Aliko Dangote promet plus de 10 milliards de dollars pour électrifier l’Afrique. L’homme d’affaires nigérian a détaillé ce plan dans un entretien diffusé le 21 septembre 2026 par Al Jazeera, dans lequel il évoque aussi la possibilité de sacrifier ses projets sidérurgiques pour financer cette annonce.
Un investissement de 10 milliards de dollars sur trois à quatre ans
Le fondateur du groupe Dangote a fixé un horizon de trois à quatre ans pour cette transformation du secteur électrique africain. « Nous allons investir dans l’électricité. Il y a une ou deux activités que nous pourrions annuler, comme l’acier, et nous mettrons cet argent dans l’énergie. Nous voulons investir plus de 10 milliards de dollars, rien que dans l’électricité« , a-t-il déclaré dans cet entretien, propos rapportés par le quotidien nigérian Vanguard.
L’industriel justifie cette priorité par l’ampleur du déficit énergétique du continent : plus de 600 millions d’Africains resteraient sans accès à l’électricité. Il établit un lien direct entre cette carence et le retard industriel du continent, affirmant qu’aucune croissance durable ne pourrait se construire sans approvisionnement électrique fiable.
Un possible abandon de l’acier déjà amorcé en 2024
La perspective d’un désengagement sidérurgique n’est pas une nouveauté pour le groupe. En juillet 2024, Dangote avait déjà renoncé à un projet d’usine sidérurgique de 5 000 tonnes, après que le gouvernement nigérian l’a accusé de vouloir établir un monopole industriel à la faveur du lancement de sa raffinerie. Le conseil d’administration du groupe avait alors tranché contre cet investissement pour éviter toute nouvelle polémique.
L’an dernier, le milliardaire avait jugé que le complexe public d’Ajaokuta, projet sidérurgique lancé en 1979 et jamais achevé malgré des décennies de financements publics, ne pourrait plus voir le jour, les technologies mondiales ayant dépassé sa conception initiale. Le budget nigérian 2026 continue d’allouer des fonds à cette structure à l’arrêt.
Une trésorerie renforcée par l’introduction en bourse de la raffinerie
Cette annonce intervient alors que la raffinerie du groupe, installée à Lekki près de Lagos, traverse une phase financière favorable. Selon le prospectus publié à l’occasion de son entrée en bourse le 14 septembre sur le Nigerian Exchange, l’entreprise a dégagé un bénéfice net de 1,82 milliard de dollars au premier semestre 2026, pour plus de 13 milliards de dollars de revenus, contre une perte de 476 millions de dollars sur l’ensemble de l’année 2025.
Cette introduction en bourse, présentée comme la plus importante jamais réalisée en Afrique, vise à lever jusqu’à 2,1 milliards de dollars et doit se clôturer le 13 octobre. Le groupe prévoit de doubler la capacité de raffinage de son site, actuellement fixée à 700 000 barils par jour, pour atteindre 1,4 million de barils d’ici 2029, dans le cadre d’un chantier d’extension estimé à 14,3 milliards de dollars.
Dangote, souvent présenté comme l’homme le plus riche d’Afrique, a multiplié les annonces d’investissements énergétiques ces derniers mois sur le continent, du Zimbabwe à la Gambie en passant par l’Éthiopie, sans atteindre jusqu’ici l’ampleur du chiffre avancé pour ce nouveau programme électrique panafricain.



