Or en Afrique : la Côte d'Ivoire veut battre le Mali et le Burkina pour la première place en 2035

Un objectif vient d’être fixé à Abidjan, le mercredi 16 septembre, à l’issue de la réunion de coordination consacrée à l’opérationnalisation de la Société ivoirienne des métaux précieux (SIMEP) : 2035. C’est l’horizon que s’est donné la Côte d’Ivoire pour ravir aux deux leaders ouest-africains leur rang dans la production d’or sur le continent, avant de viser la couronne détenue par le Ghana.

Cette annonce intervient alors que le classement des pays africains producteurs d’or en 2025 place le Ghana en tête avec 187,3 tonnes produites, devant l’Afrique du Sud (98,7 tonnes) et le Burkina Faso (94 tonnes). Suivent le Mali (82,9 tonnes), le Soudan (74,6 tonnes), la Guinée (69,3 tonnes) et le Zimbabwe (62,4 tonnes). La Côte d’Ivoire occupe la 8ᵉ place avec 59,2 tonnes, devant la Tanzanie (51 tonnes) et la République démocratique du Congo (42,4 tonnes), qui ferme ce top 10. C’est dans cette hiérarchie, encore largement dominée par le Ghana, que la Côte d’Ivoire ambitionne désormais de se hisser.

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Une annonce ministérielle qui confirme une trajectoire

Le ministre des Mines, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a formulé cet objectif et a rappelé que le pays entendait progresser durablement dans la hiérarchie continentale de l’or, un secteur longtemps dominé par les exportations agricoles ivoiriennes, notamment le cacao. Cette sortie confirme une orientation déjà amorcée depuis plusieurs années par les autorités, qui cherchent à diversifier les revenus miniers du pays au-delà des matières premières agricoles.

Une progression déjà entamée depuis dix ans

La trajectoire ivoirienne dans ce secteur ne date pas d’hier. Entre 2015 et 2024, la production aurifère nationale a bondi de 23,54 tonnes à plus de 59 tonnes, soit une progression de plus de 150 % en moins d’une décennie. Le nombre de sites en activité est passé de quatre à treize sur la même période, avec des gisements situés au nord, au centre, à l’ouest et au sud-est du territoire. Le potentiel national est estimé à 600 tonnes de réserves exploitables.

La mine de Lafigué, exploitée par le groupe Endeavour Mining et entrée en service en octobre 2024 à environ 500 kilomètres au nord d’Abidjan, montre cette dynamique. Elle devrait porter la production nationale à environ 62 tonnes en 2025, contre 58 tonnes l’année précédente, selon les projections du secteur minier ivoirien.

Un pari sur dix ans face à des rivaux bien installés

L’objectif de 2035 intervient toutefois dans un cadre concurrentiel serré. Le Burkina Faso a produit 94 tonnes d’or en 2025, se hissant à la troisième place africaine malgré des défis sécuritaires dans plusieurs régions minières, une performance portée notamment par l’agrandissement de la mine de Bomboré. Le Mali, quatrième producteur du continent avec 82,9 tonnes la même année, s’appuie sur un tissu minier mêlant grandes exploitations industrielles et sites à petite échelle, l’or représentant à lui seul près de 80 % de la valeur totale de ses exportations.

Les deux pays ont par ailleurs renforcé leur contrôle étatique sur le secteur minier, avec une révision des codes miniers visant à accroître la part des revenus aurifères captée par l’État. L’écart entre la Côte d’Ivoire et ce trio de tête reste donc conséquent, même si les autorités ivoiriennes misent sur l’arrivée de nouveaux investisseurs miniers internationaux pour accélérer la cadence.

À l’échelle continentale, l’Afrique produit environ 1 000 tonnes d’or par an, soit près d’un quart de la production mondiale, sans qu’aucun pays du continent ne figure parmi les cinq premiers producteurs à l’échelle planétaire. C’est dans cette marge de progression que la Côte d’Ivoire entend construire son ambition pour les dix prochaines années.

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