Dangote sollicité sur un nouveau projet pétrolier en Afrique, la construction d'un oléoduc de 800km

Un oléoduc de 800 kilomètres entre les champs pétroliers du Turkana et le port de Lamu, au Kenya, pourrait être construit par le groupe Dangote. Le président William Ruto a confirmé les discussions mardi 15 septembre, lors d’un échange avec la presse à la State Lodge de Kisumu : « Nous discutons avec Dangote de la construction d’un pipeline vers le Turkana », a-t-il déclaré.

Le conglomérat nigérian étend ses activités dans les hydrocarbures pour sécuriser son brut : sa raffinerie de Lekki, au Nigeria, traite 650 000 barils par jour et s’approvisionne désormais aux États-Unis, au Brésil et, depuis cet été, aux Émirats arabes unis, avec deux cargaisons d’environ 2 millions de barils achetées à ADNOC. Avec un objectif de 1,4 million de barils quotidiens d’ici 2028, le dossier kényan prolonge cette recherche de sources de brut.

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Un tracé de 800 kilomètres entre le Turkana et Lamu

La conduite relierait le bassin de South Lokichar au port de Lamu, terminal du corridor LAPSSET. Le brut du Turkana, découvert en mars 2012 par le britannique Tullow Oil et dont les réserves récupérables sont estimées à 560 millions de barils, est de type paraffineux : il doit être chauffé pour circuler, ce qui alourdit son transport. Il n’a jamais donné lieu à une production commerciale. En août 2019, le Kenya a exporté un premier lot de 200 000 barils acheminés par camion jusqu’à Mombasa.

Le Trésor kényan indiquait en mai que le projet Lokichar-Lamu, long d’environ 890 kilomètres, restait dans les plans, avec des terrains acquis dans six comtés. À ce stade, aucun contrat de construction, financement définitif ou calendrier propre à l’oléoduc n’a été annoncé.

Une raffinerie de 700 000 barils par jour à Lamu

La première pierre de la raffinerie doit être posée le 30 septembre, pour une exploitation commerciale visée en 2030. Le complexe est évalué à 20 milliards de dollars et comprendrait une centrale au gaz naturel liquéfié de 1 000 mégawatts. Engineers India Limited supervise la conception technique et Afreximbank participe au financement. Nairobi a provisionné 165 millions de dollars et propose aux États voisins jusqu’à 30 % du capital. Le gouvernement estime que l’ensemble pourrait créer plus de 60 000 emplois. Des défenseurs de l’environnement de l’archipel, classé par l’UNESCO, se mobilisent contre l’implantation du site.

Un brut local qui ne couvrirait qu’une part des besoins

Les champs de South Lokichar, dont un premier pétrole commercial est visé en décembre 2026, doivent atteindre 50 000 barils par jour à partir de 2032. Cela représenterait environ 7 % des besoins de la raffinerie, et moins de 3 % au démarrage, autour de 20 000 barils quotidiens.

Le conseiller économique de William Ruto, David Ndii, a estimé que l’Afrique de l’Est pourrait fournir plus de 600 000 barils par jour. Des analystes préviennent toutefois que le pétrole de l’Ouganda doit transiter par la Tanzanie via l’oléoduc est-africain, tandis que les exportations du Soudan du Sud passent actuellement par le Soudan. La cérémonie de lancement du 30 septembre à Lamu, à laquelle Aliko Dangote et plusieurs chefs d’État sont attendus, pourrait apporter des précisions sur la place de l’oléoduc dans le projet.

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