Le Kenya décroche les Mondiaux d'athlétisme 2029, une première pour l'Afrique

Le Kenya organisera les Championnats du monde d’athlétisme 2029. Le Conseil de World Athletics, réuni les 14 et 15 septembre 2026 à Budapest pour sa 242e session, a désigné Nairobi comme ville hôte, devançant les candidatures de Londres, Rome et Munich.

Une décision qui met fin à 46 ans d’attente pour l’Afrique

Depuis la création de la compétition en 1983, aucun pays africain n’avait accueilli l’épreuve reine de l’athlétisme mondial. « Nous avons eu la chance d’avoir quatre candidatures exceptionnelles pour 2029 et 2031, et ce n’était pas une décision facile pour le Conseil », a déclaré le président de World Athletics, Sebastian Coe, lors d’une conférence de presse à Budapest. Munich accueillera l’édition 2031, les deux villes ayant présenté, selon Coe, deux propositions différentes mais également convaincantes.

Tokyo et Pékin, deux modèles distincts

Les deux dernières éditions ont suivi des trajectoires opposées. À Tokyo, en 2025, le Japon a misé sur la sobriété : les organisateurs ont obtenu la certification la plus élevée jamais délivrée pour ces championnats en matière de développement durable, une distinction inédite pour l’épreuve. Sur le plan économique, cette compétition et deux autres événements de la discipline organisés la même année au Japon ont généré ensemble plus de 586 millions de dollars de retombées. Le niveau sportif a atteint un sommet : jamais autant de nations — 84 au total — n’avaient placé un athlète en finale ou parmi les huit premiers d’une épreuve.

Pékin a hérité de l’édition 2027 dans des circonstances différentes. La capitale chinoise n’était pas favorite au départ : le désistement de dernière minute de l’Italie lui a ouvert la voie, Rome ayant renoncé faute de financement public pour couvrir les 92 millions de dollars exigés par l’organisation. Coe avait alors mis en avant le potentiel du marché chinois — plus de 1,4 milliard d’habitants — comme argument central pour justifier ce choix.

Nairobi mise sur le stade de Kasarani

La candidature kényane s’est appuyée sur des garanties financières de l’État, des plans opérationnels détaillés et une expérience internationale déjà éprouvée : la capitale avait organisé les Mondiaux U18 en 2017 et les Mondiaux U20 en 2021. Le stade de Kasarani sera au centre du dispositif ; il fait l’objet d’une rénovation en vue de la Coupe d’Afrique des Nations 2027, coorganisée par le Kenya, qui doit permettre de disposer d’une enceinte modernisée pour 2029.

Une étude commandée par World Athletics a mesuré un intérêt de 68 % pour l’athlétisme chez les Kényans sondés, contre une moyenne mondiale de 39 %, faisant de la discipline le deuxième sport le plus suivi du pays derrière le football. Le Kenya avait déjà tenté sa chance pour l’édition 2025, finalement attribuée à Tokyo. Nairobi devra transformer cette reconnaissance en retombées durables, entre le modèle de sobriété affiché par Tokyo et l’ambition commerciale assumée par Pékin.

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