Le procès en diffamation de 100 millions de dollars mené par Sean « Diddy » Combs pourrait se retrouver sans avocat au dossier. Le cabinet Sher Tremonte LLP a déposé, lundi 14 septembre, une requête auprès du tribunal fédéral de New York pour se retirer de la représentation du rappeur, invoquant des honoraires impayés depuis plus de six mois.
Cette affaire civile s’ajoute à un contentieux judiciaire qui remonte à novembre 2023, quand son ex-compagne Cassie Ventura avait porté plainte la première pour viol et trafic sexuel, avant un règlement à l’amiable conclu en seulement 24 heures. Cette plainte a fait l’effet d’un déclencheur : une vingtaine d’autres poursuites civiles similaires ont suivi, nourrissant l’enquête fédérale qui a conduit à l’arrestation de Combs en septembre 2024, puis à son procès pénal à Manhattan. Il en est ressorti acquitté des chefs les plus graves mais condamné, en octobre 2025, à 50 mois de prison pour transport à des fins de prostitution.
Une communication rompue depuis quatre mois
Selon la requête déposée par l’avocat Michael Tremonte, Combs « a refusé de se rendre disponible pour des échanges directs et substantiels sur ses dossiers depuis plus de quatre mois ». Le cabinet affirme que cette absence de coopération a rendu la poursuite de sa mission impossible dans des conditions professionnelles normales. La procédure concernée oppose Combs à Courtney Burgess, à l’avocate Ariel Mitchell et à Nexstar Media Inc., société qui exploite la chaîne NewsNation.
Un différend sur les factures
Le cabinet réclame également le paiement d’un solde important d’honoraires, de frais et de dépenses accumulés depuis plus de six mois. Combs conteste cette version des faits. Par la voix de son porte-parole Juda Engelmayer, il affirme avoir lui-même choisi de changer d’avocats : « J’ai pris la décision de changer d’avocats parce que je ne laisserai personne profiter de moi en me facturant des sommes jamais approuvées. »
Le rappeur qualifie le différend de simple litige commercial. Tremonte, de son côté, maintient que son cabinet a représenté Combs « avec zèle et efficacité, dans des circonstances difficiles ». La demande de retrait reste pour l’instant suspendue à une décision du tribunal. Tant que le juge ne se sera pas prononcé, Sher Tremonte demeure formellement le conseil de Combs dans ce dossier.
Une procédure que Combs est pourtant en train de gagner
Le paradoxe de la situation tient à l’état d’avancement de l’affaire. Combs avait initialement déposé cette plainte en janvier 2025, en réclamant 50 millions de dollars avant de porter la somme à 100 millions. Burgess n’a jamais répondu à la plainte dans les délais impartis, ce qui a conduit le tribunal à prononcer un jugement par défaut à son encontre. Si le retrait de Sher Tremonte est validé, Combs devra donc trouver rapidement un nouveau conseil pour ne pas perdre l’avantage acquis dans une procédure qui, sur le fond, tourne en sa faveur.
Une conférence téléphonique entre les parties était prévue le 17 septembre pour déterminer la suite du calendrier judiciaire, une médiation ou une audience de règlement figurant parmi les options envisagées par le tribunal. Combs, actuellement incarcéré à la prison fédérale de Fort Dix, dans le New Jersey, attend toujours la décision de la Cour d’appel du deuxième circuit, saisie en avril 2026 pour statuer sur son maintien en détention.



