Médecine : la Chine réalise une percée mondiale avec une opération du cœur réalisée par IA

Un homme de 48 ans a bénéficié le 5 septembre en Chine d’une intervention cardiaque guidée par un robot échographique doté d’intelligence artificielle. Le dispositif a assuré l’imagerie et la navigation pendant que les médecins réalisaient l’intervention.

La Chine a réalisé le 5 septembre une intervention cardiaque guidée par un robot échographique utilisant l’intelligence artificielle, au Centre médical n°6 de l’Hôpital général de l’Armée populaire de libération. L’opération, menée sur un patient de 48 ans, a permis de traiter une communication interauriculaire sans recourir à une chirurgie à cœur ouvert. Les autorités médicales chinoises présentent cette intervention comme une première mondiale pour ce type d’application clinique.

Une intervention rendue complexe par la malformation

Le patient souffrait d’une communication interauriculaire, une anomalie caractérisée par une ouverture entre les deux oreillettes du cœur. Selon les informations publiées par les sources chinoises, les conditions anatomiques autour de cette ouverture rendaient la fermeture par cathéter particulièrement délicate. Plusieurs établissements avaient ainsi recommandé une intervention chirurgicale à cœur ouvert.

L’équipe dirigée par Zhu Hang a toutefois retenu une approche mini-invasive. Pour fermer l’ouverture, les médecins utilisent un dispositif appelé occludeur, introduit jusqu’au cœur par un cathéter. Sa mise en place exige une surveillance échographique précise afin de déterminer sa position et de vérifier son adaptation à la malformation.

C’est à cette étape que le système robotisé a été utilisé. Une sonde échographique installée sur un bras mécanique pouvait effectuer les mouvements nécessaires pour conserver une image stable de la zone concernée. Les algorithmes d’intelligence artificielle identifiaient ensuite la lésion et contribuaient à la reconstruction tridimensionnelle de l’anatomie cardiaque.

L’IA guide, les médecins décident

L’intervention a duré 25 minutes. Le robot a assuré l’acquisition des images, la localisation de la malformation et la navigation en temps réel, mais les décisions médicales sont restées entre les mains de l’équipe. Les médecins ont choisi le dispositif adapté et procédé à son implantation sous le guidage du système.

Zhu Hang a expliqué que l’échographie traditionnelle impose au spécialiste de maintenir manuellement la sonde pendant l’intervention. Cette manipulation peut affecter la stabilité des images, tandis que la fatigue constitue une autre difficulté lors des procédures complexes. Le système robotisé vise donc à maintenir une observation constante de la zone à traiter et à fournir une navigation en temps réel.

La portée de cette avancée doit toutefois être formulée avec précision : il ne s’agit pas d’une opération décidée et exécutée de manière autonome par une intelligence artificielle. Le système intervient dans l’imagerie, l’identification de la malformation et l’aide à la navigation, tandis que les professionnels de santé conservent la responsabilité de l’intervention.

Une technologie développée depuis plusieurs années

Cette expérience chinoise prolonge des travaux engagés plusieurs années auparavant. En juillet 2022, l’Institut d’automatisation de l’Académie chinoise des sciences et le Centre médical n°6 de l’Hôpital général de l’Armée populaire de libération avaient réalisé à distance une fermeture de foramen ovale perméable avec l’aide d’un robot échographique. L’intervention avait alors duré 28 minutes, sans recours aux rayons X ni à un produit de contraste.

Cette première expérience reposait encore sur une téléopération du système : des spécialistes contrôlaient à distance le robot tandis que les médecins réalisaient l’intervention. Quatre ans plus tard, la nouvelle technologie ajoute une couche d’intelligence artificielle capable d’analyser les images et de participer à la navigation pendant l’acte médical.

Selon les équipes chinoises, cette combinaison entre robotique, imagerie et IA pourrait à terme être étudiée pour d’autres interventions cardiovasculaires, mais ces applications restent des perspectives et ne constituent pas encore des usages établis.

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