Face à Elon Musk, Macron appelle à une alliance européenne du satellite mobile

Une alliance européenne du direct-to-device doit voir le jour d’ici 2030, a réclamé Emmanuel Macron ce 10 septembre à Paris. Le président français s’exprimait à l’ouverture du Sommet spatial international, un rendez-vous qui rassemble des représentants de 90 pays. Cette technologie, qui permet à un smartphone classique de se connecter directement à un satellite sans antenne ni équipement spécifique, reste aujourd’hui dominée par les constellations d’Elon Musk, propriétaire de SpaceX et de Starlink.

Un appel direct aux industriels européens

Le chef de l’État a exhorté les opérateurs télécoms, les fabricants de satellites et les industriels du secteur à se regrouper « sans attendre » pour bâtir une offre commune capable de répondre aux exigences internationales d’ici la fin de la décennie. Selon lui, le secteur dispose déjà des briques nécessaires — opérateurs, constellations, technologies — mais leur manque une coordination d’ensemble. Cette initiative viendrait compléter IRIS², le futur réseau satellitaire sécurisé de l’Union européenne, dont la mise en concession représente 15,7 milliards d’euros sur les 20 milliards d’engagements annoncés lors du sommet, selon l’Élysée.

Le rendez-vous parisien se tient dans un climat tendu : SpaceX, Blue Origin et deux autres entreprises américaines ont boycotté l’événement sous la pression de Washington, tandis que le chancelier allemand Friedrich Merz, coprésident théorique du sommet, était absent.

L’ascension de Starlink et l’entrée en scène de la Chine

Fondé en 2015 et lancé commercialement en 2019, le réseau de satellites de SpaceX comptait à peine 10 000 abonnés début 2021 avant de dépasser le million d’utilisateurs dès 2022. L’entreprise revendique aujourd’hui plus de 7 000 satellites en orbite, contre environ 600 pour son plus proche concurrent occidental, OneWeb. Cette avance s’explique en partie par l’accès de SpaceX à ses propres lanceurs réutilisables, qui réduit fortement ses coûts de mise en orbite.

Face à cette avance, la Chine a lancé ses propres méga-constellations concurrentes. Les programmes publics Guowang et Qianfan prévoient de déployer conjointement plus de 26 000 satellites en orbite basse, avec pour objectif une couverture mondiale autour de 2027. Pékin y associe deux objectifs : garantir sa souveraineté numérique et proposer une alternative aux pays cherchant à réduire leur dépendance aux infrastructures occidentales. C’est dans cette course à trois — Américains, Chinois, et désormais Européens — que s’inscrit l’appel lancé par Macron à Paris.

Une échéance commune à 2030

La date fixée par le président français pour une alliance industrielle européenne coïncide avec celle avancée pour la pleine opérationnalité d’IRIS². Les discussions entre Paris et Berlin restent toutefois marquées par des divergences, notamment sur les critères de préférence européenne que la France souhaiterait appliquer aux 60 milliards d’euros dédiés à l’espace dans le prochain budget pluriannuel de l’Union européenne.

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