Les frappes ukrainiennes menées depuis plusieurs semaines contre des infrastructures russes auraient causé des dommages estimés à environ 1 % du PIB de la Russie, selon Vladimir Poutine. Le président russe assure toutefois que cet impact ne menace pas, à ce stade, la stabilité économique du pays.
Les attaques ukrainiennes contre les infrastructures stratégiques russes auraient causé des dégâts équivalant à environ 1 % du PIB russe, selon Vladimir Poutine. Le président russe a livré cette estimation le 1er septembre à Bichkek, au Kirghizstan, après le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai.
Cette évaluation concerne une campagne de frappes menée sur une période d’environ 40 jours. Les drones ukrainiens ont ciblé des installations liées au secteur pétrolier, des ports, des dépôts de carburant ainsi que des navires, selon les informations rapportées par Bloomberg. Poutine a reconnu l’existence de pertes économiques, tout en relativisant leur portée.
« Je pense qu’ils nous ont causé de réels dommages. Le préjudice global, selon nos estimations préliminaires, est assez important, environ 1 % du PIB », a déclaré le chef du Kremlin, avant d’ajouter que cet impact « n’est pas un préjudice critique pour nous ».
Le secteur pétrolier sous pression
Les conséquences sont particulièrement visibles dans le raffinage. Les attaques ukrainiennes se sont intensifiées durant le mois d’août, avec au moins 21 frappes recensées contre des raffineries russes, selon un décompte rapporté par Bloomberg. Quatre des dix plus grandes raffineries du pays auraient été visées durant cette période.
Cette campagne a contribué à réduire la production de carburants. Selon des données citées par Reuters, la production russe d’essence est tombée fin août à environ 70 % de la demande intérieure, après plusieurs attaques ayant affecté des sites de raffinage importants. La production quotidienne aurait atteint environ 80 000 tonnes, contre une demande estivale estimée à 115 000 tonnes.
Moscou a dû prendre différentes mesures pour limiter les tensions sur le marché intérieur, dont une augmentation des importations de produits pétroliers et des restrictions sur les exportations de carburants. Des limitations de vente ont également été réintroduites dans certaines régions.
Des frappes qui touchent des sites éloignés du front
La portée géographique des attaques constitue un autre élément de cette campagne. Plusieurs installations visées se trouvent à plusieurs centaines, voire plus d’un millier de kilomètres de la frontière ukrainienne.
Le 11 août, une attaque de drone a provoqué un incendie à la raffinerie d’Orsk, située à environ 1 900 kilomètres de la frontière ukrainienne. L’installation, d’une capacité théorique de 115 200 barils par jour, a suspendu son activité après des dommages affectant certaines unités de raffinage. L’armée ukrainienne a revendiqué la frappe.
D’autres frappes ont ensuite touché des infrastructures pétrolières à Perm, Oufa, Nizhnekamsk ou encore le terminal de Taman. Ces attaques ont affecté des capacités de production, de stockage ou d’acheminement des hydrocarbures russes.
Malgré ces perturbations, Poutine affirme que les dommages restent absorbables pour l’économie russe. Le chiffre de 1 % du PIB constitue toutefois une estimation préliminaire du Kremlin, et non une évaluation indépendante. Le conflit continue également de provoquer d’importants dégâts sur les infrastructures ukrainiennes, alors que les frappes russes se poursuivent sur les villes et les installations énergétiques du pays.



