G20 aux États-Unis : la présence du ministre russe des Finances suscite l'ire de l'Europe

Plusieurs délégations européennes ont refusé de poser aux côtés du ministre russe des Finances lors de la photo officielle du G20, prise lundi à Asheville, en Caroline du Nord. Anton Siluanov avait pourtant participé aux séances plénières du sommet, organisé du 31 août au 1er septembre 2026, un retour qui intervient après quatre réunions du G20 boycottées par Moscou, selon le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil.

Depuis le début du conflit en Ukraine en 2022, la Russie conserve sa carte de membre du G20 sur le papier, mais elle en a été écartée dans les usages : ses délégués manquent la plupart des rendez-vous, et quand ils s’y montrent, les autres participants les tiennent à distance. La réapparition de Siluanov casse cette mise à l’écart installée depuis plus de trois ans, provoquant une réaction immédiate des capitales européennes.

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Une colère affichée dès l’ouverture du sommet

Klingbeil a estimé que ce choix d’accueil envoyait un message qu’il juge inquiétant, précisant que ce retour, après une longue mise à l’écart, s’apparentait selon lui à une manœuvre de réhabilitation à laquelle il fallait résister. Il a ajouté avoir directement signifié à son homologue russe, lors d’une session plénière, que Moscou devait cesser les hostilités et que le camp européen restait fermement aux côtés de Kiev.

Le ministre polonais des Finances, Andrzej Domanski, a partagé ce malaise tout en admettant que le pays organisateur reste libre de ses invitations. Il a insisté sur le fait que la confiance envers Moscou n’était selon lui pas de mise, désignant la Russie comme l’agresseur dans ce conflit et jugeant tout dialogue avec elle particulièrement délicat.

Plusieurs responsables européens, dont la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde, s’étaient concertés dès dimanche pour arrêter une ligne commune face à cette présence russe. C’est cette concertation qui a débouché sur le refus collectif de figurer aux côtés de Siluanov pour le cliché protocolaire du sommet.

Washington assume son choix d’invitation

Siluanov s’est joint aux discussions financières pilotées par les États-Unis, qui assurent la présidence tournante du G20 cette année. Il a par ailleurs échangé en tête-à-tête avec le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent ; les services financiers russes ont fait savoir que cet entretien portait sur des pistes de coopération dans le cadre du forum. Le porte-parole de la Maison Blanche, Kush Desai, a défendu cette invitation en assurant que l’exécutif américain ne renoncerait jamais à dialoguer avec ceux dont la participation permet de faire progresser le dossier. Questionné sur cette controverse, le président Donald Trump a répondu qu’il privilégiait de bonnes relations avec l’ensemble des acteurs mondiaux, y voyant l’une des clés de ses résultats diplomatiques.

Un précédent datant de 2014

Cette exclusion informelle au sein du G20 fait écho à un épisode plus ancien : la Russie avait déjà été chassée du G8, redevenu G7, en 2014, à la suite de l’annexion de la Crimée. À la différence du G8, le G20 n’a jamais officiellement suspendu Moscou de son enceinte, ce qui autorise, comme cela s’est vu à Asheville, des apparitions ponctuelles de ses représentants selon les choix du pays hôte. La prochaine réunion des ministres des Finances et gouverneurs des banques centrales du G20 est prévue le 15 octobre à Bangkok, avant le sommet des chefs d’État de décembre à Miami.

3 réflexions au sujet de “G20 aux États-Unis : la présence du ministre russe des Finances suscite l'ire de l'Europe”

  1. Le but de Trump et des USA est uniquement économique. Faire la guerre en utilisant l’Ukraine pour tuer la Russie et faire main basse sur ses richesses naturelles est une stratégie. Tuer l’Ukraine pour faire du busines avec la Russie en est une autre. La première est plus « rentable » mais n’ayant pas fonctionné, Trump est impatient de passer à la seconde.

    Dans tous les cas Ukraine et UE sont les dindons de la farce.

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  2. « la présence du ministre russe des Finances suscite l’ire de l’Europe »

    Boycotter la « photo de famille » … un « geste fort » !

    Couchés les chi-wa-wa …. sinon on vous coupe l’accès au pétrole, au gaz et à l’engrais russes (que vous achetez en douce)

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