Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth planifie un maintien des forces américaines au Moyen-Orient au moins jusqu’en 2027. Cette orientation, révélée par le Wall Street Journal ce 3 septembre, intervient alors que les combats entre les États-Unis et l’Iran viennent de reprendre après plusieurs semaines d’accalmie.
Une reprise des combats qui change la donne
Les tirs ont recommencé dimanche entre Washington et Téhéran, rompant le cessez-le-feu conclu en avril dernier. Plusieurs frappes américaines ont touché des sites iraniens, et Téhéran a répondu par ce qu’elle présente comme une opération « décisive » visant des positions américaines. La Jordanie affirme avoir abattu dix missiles balistiques envoyés depuis l’Iran, et le Bahreïn rapporte lui aussi avoir été la cible de tirs de missiles et de drones. Le président Donald Trump a prévenu mercredi qu’il pourrait ordonner de nouvelles frappes « à tout moment ». Une attaque ayant touché une cérémonie de mariage dans la province iranienne d’Hormozgan, selon des sources iraniennes, a suscité une réaction d’inquiétude du secrétaire général de l’ONU António Guterres. Ce regain de tension pousse désormais le Pentagone à revoir ses plans sur la durée.
Hegseth mise sur une présence militaire sans échéance fixe
Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a choisi de prolonger les rotations de troupes dans la région selon un calendrier ouvert, sans date de fin annoncée, d’après des sources du Wall Street Journal. Cette approche viserait à laisser au président plusieurs marges de manœuvre pour la suite d’un conflit contesté dans l’opinion publique américaine. Le porte-avions USS Theodore Roosevelt s’apprêterait à rester stationné durablement dans la zone, selon un responsable cité par le quotidien. Le blocus naval imposé aux ports iraniens par Trump serait maintenu par les mêmes navires de guerre, dans la continuité de sa politique de pression économique.
Bryan Clark, ancien officier de la marine américaine devenu chercheur au Hudson Institute, explique les implications de ce choix stratégique. « Ils prévoient que cela se maintiendra sur le long terme, c’est-à-dire jusqu’à l’année prochaine », a-t-il indiqué au Journal. Il précise que ce dispositif obligerait Washington à concentrer ses ressources militaires sur ce seul front : « Vous mettez donc tout en œuvre pour que l’Iran soit au centre de la posture militaire au cours de l’année prochaine. »
Un effort militaire qui pèse sur les troupes
Ce dispositif prolongé toucherait environ 50 000 militaires américains si Trump décide d’une escalade importante du conflit. Des escadrons de chasse, des unités de défense antiaérienne et plusieurs bâtiments de guerre resteraient déployés pendant une durée indéterminée, dans un conflit qui dure déjà depuis plus de six mois. Selon le Journal, des proches du dossier évoquent des échanges privés du président sur une possible annonce de fin de guerre, en contradiction apparente avec la reprise des combats constatée autour du détroit d’Ormuz, passage maritime par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial d’après les données historiques de l’Agence internationale de l’énergie.
Amorcé le 28 février 2026 par une offensive conjointe américano-israélienne, ce conflit s’annonce ainsi comme l’un des engagements militaires américains les plus longs depuis la guerre en Afghanistan.



