Iran : après Bagdad et Mascate, Téhéran avertit les pays qui fermeraient leurs aéroports à ses avions

Les vols reliant l’Iran à Bagdad et Mascate ont été annulés à partir de ce mercredi 23 septembre, au moment où de nouvelles mesures américaines visant le secteur aérien iranien entrent en application. Téhéran a ensuite averti les États voisins qui choisiraient de restreindre l’accès de ses compagnies aériennes à leurs infrastructures.

Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a formulé cet avertissement à la télévision publique. Le responsable a prévenu les États de la région qu’une interruption des liaisons iraniennes sous la pression de Washington entraînerait une réponse de l’Iran contre le fonctionnement de leurs plateformes aéroportuaires. Il n’a pas précisé les moyens qui pourraient être employés.

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Bagdad et Mascate ne sont plus desservies

Les premières perturbations avaient été annoncées mardi par l’Organisation iranienne de l’aviation civile. Son porte-parole, Majid Akhavan, avait indiqué que les liaisons au départ de Téhéran vers les capitales de l’Irak et d’Oman seraient supprimées à partir de mercredi.

Les autorités iraniennes ont cherché une autre solution pour les voyageurs se rendant en Irak. Selon Akhavan, des discussions étaient engagées afin que certains appareils initialement destinés à Bagdad puissent atterrir à Nadjaf. Des échanges étaient également en cours avec les autorités omanaises.

Les perturbations se sont ensuite étendues. Selon l’AFP, les liaisons avec le Qatar, la Géorgie et l’Azerbaïdjan ont également été suspendues mercredi. L’ensemble du trafic international iranien n’est toutefois pas interrompu : certaines destinations continuaient d’être desservies, dont la Chine.

Washington fait pression sur les prestataires étrangers

La stratégie américaine ne consiste pas à imposer directement la fermeture des espaces aériens étrangers. Les États-Unis cherchent à dissuader les entreprises situées hors de leur territoire de fournir aux transporteurs iraniens les moyens nécessaires à leurs activités internationales. Cela concerne les sociétés chargées du ravitaillement, mais aussi celles qui assurent différents services commerciaux et aéroportuaires.

Le 8 septembre, le département américain du Trésor avait sanctionné 36 personnes et entités associées au secteur aérien iranien dans le cadre de l’opération baptisée « Economic Outcast ». Les autorités américaines accusent certaines compagnies et structures liées à l’aviation iranienne de participer au transport de matériel militaire, de personnel et de cargaisons visés par leurs restrictions.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a ensuite annoncé un durcissement destiné à réduire les possibilités d’activité internationale des compagnies iraniennes à partir du 23 septembre. Les entreprises étrangères qui continueraient à leur fournir certains services pourraient être visées par des sanctions américaines.

Une aviation iranienne déjà soumise à de fortes restrictions

Ces nouvelles mesures touchent un secteur confronté depuis des années à des difficultés pour acquérir des avions et des pièces détachées. Les sanctions occidentales ont compliqué le renouvellement et l’entretien d’une partie de la flotte commerciale iranienne.

Selon le Financial Times, Iran Air ne disposait récemment que de neuf appareils opérationnels, tandis que Mahan Air avait déjà réduit certaines dessertes internationales. Environ un tiers des vols à destination de l’Iran avaient aussi été annulés durant les semaines précédant les nouvelles restrictions.

Les mesures appliquées diffèrent encore selon les États et plusieurs routes internationales restent ouvertes. Les pays voisins doivent désormais composer avec les sanctions que Washington pourrait imposer aux prestataires continuant à servir les compagnies iraniennes et avec l’avertissement adressé par Téhéran à ceux qui leur fermeraient leurs aéroports.

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