Israël, Iran, États-Unis : les pays du Golfe affichent leurs différentes stratégies à l’ONU

Les monarchies du Golfe ont présenté cette semaine à New York des approches différentes face aux crises impliquant Israël, l’Iran et les États-Unis. À la tribune de l’ONU et lors des réunions organisées en marge de l’Assemblée générale, leurs priorités vont de la médiation à la sécurité régionale, avec plusieurs positions communes sur le dossier palestinien.

Le Qatar maintient sa médiation et critique Israël

Le Qatar continue de faire de la médiation un axe de sa politique étrangère. Dans son discours du 22 septembre, l’émir Tamim ben Hamad Al Thani a défendu la création d’un cadre de sécurité associant les États de la région. Il a également appelé à reprendre les négociations pour tenter de régler les différends avec l’Iran par la voie diplomatique.

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Son discours a été plus accusateur sur le conflit israélo-palestinien. L’émir a qualifié la situation à Gaza de « génocide dans tous les sens du terme » et demandé à Israël de respecter les engagements pris concernant le territoire palestinien. Israël rejette l’accusation de génocide. Doha continue, dans le même temps, à proposer ses services de médiateur dans les négociations régionales.

L’Arabie saoudite insiste davantage sur la création d’un État palestinien. Le ministre des Affaires étrangères, Faisal ben Farhan, a coprésidé le 23 septembre une réunion internationale consacrée au processus de paix. Riyad défend une administration palestinienne commune pour Gaza et la Cisjordanie et lie la stabilité régionale au règlement de la question palestinienne.

Les Émirats maintiennent plusieurs canaux diplomatiques

Les Émirats arabes unis suivent une approche différente. Abou Dhabi conserve les relations diplomatiques établies avec Israël en 2020 par les accords d’Abraham, tout en soutenant les initiatives internationales en faveur des Palestiniens. Les autorités émiraties défendent aussi la liberté de navigation et la continuité des échanges commerciaux et énergétiques dans la région.

Le Koweït accorde une place plus importante à la menace iranienne dans ses déclarations actuelles. Devant l’Assemblée générale le 24 septembre, le prince héritier Sabah Khaled Al-Hamad Al-Sabah a accusé l’Iran d’avoir utilisé missiles et drones contre plusieurs États du Conseil de coopération du Golfe depuis février. Selon lui, des installations civiles et énergétiques koweïtiennes ont été touchées.

Koweït continue toutefois de soutenir la négociation avec Téhéran. Les autorités koweïtiennes souhaitent que les discussions portent sur plusieurs dossiers de sécurité, dont le programme nucléaire iranien ainsi que les capacités balistiques et les drones.

Oman privilégie le dialogue tandis que plusieurs positions convergent

Oman conserve une ligne centrée sur le dialogue entre les différentes parties. Lors d’une réunion réunissant le président américain Donald Trump et plusieurs responsables arabes et musulmans le 23 septembre, Mascate a défendu le recours aux discussions diplomatiques pour régler les crises régionales. Le pays a également participé le lendemain à une réunion du Groupe des amis de la médiation de l’ONU.

Ces différences n’empêchent pas les monarchies du Golfe de défendre certaines positions communes. Qatar, Arabie saoudite et Émirats ont ainsi participé à une déclaration réclamant le respect des engagements concernant Gaza et réaffirmant leur soutien à la création d’un État palestinien avec Jérusalem-Est pour capitale. Le texte accordait également une place aux États-Unis dans la mise en œuvre du plan américain.

Les six monarchies restent réunies au sein du Conseil de coopération du Golfe, créé en 1981. Leurs interventions à l’ONU montrent cependant que chacune fixe ses priorités selon ses relations diplomatiques, ses préoccupations sécuritaires et le rôle qu’elle cherche à exercer dans les négociations régionales.

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