Le chef du renseignement ukrainien Oleksandr Poklad n’était pas dans son bureau au moment où un drone russe a percuté le bâtiment. La frappe a touché le siège central du Service de sécurité de l’Ukraine (SBU), situé rue Volodymyrska, en plein centre de Kiev, ce vendredi après-midi.
Une frappe dirigée vers un bureau précis
Le président Volodymyr Zelensky a précisé que l’engin n’avait pas visé le bâtiment au hasard. « Le drone visait directement le bureau du chef du Service de sécurité dans cet immeuble », a-t-il déclaré après un échange téléphonique avec Poklad. Un incendie s’est déclenché à l’intérieur des locaux à la suite de l’impact. Cinq personnes ont été blessées selon le maire de la capitale, Vitali Klitchko, dont quatre ont été hospitalisées. Les services d’urgence sont intervenus sur place.
Le siège du SBU se situe face à la cathédrale Sainte-Sophie, monument classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, et non loin de la Porte dorée, l’une des dernières portes fortifiées de la Kiev médiévale encore visibles aujourd’hui. Klitchko a également signalé un incendie distinct dans le district de Chevtchenkivski, provoqué par la chute de débris d’un autre drone abattu sur le toit d’un bâtiment non résidentiel.
Zelensky réclame une réponse en miroir
Le président ukrainien a chargé Poklad de préparer une riposte. « Je lui ai demandé de fournir une réponse adéquate, concrète et, si possible, en miroir face à cette attaque, une fois que tout sera prêt« , a indiqué Zelensky, précisant que l’armée ukrainienne appuierait cette opération.
Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriy Sybiga a qualifié la frappe d’escalade grave et a réclamé une réponse ferme de la communauté internationale. Il a appelé les partenaires de l’Ukraine à condamner l’attaque russe et à accentuer la pression sur Moscou. Il a souligné que le bombardement exposait le patrimoine culturel du pays, en raison de la proximité immédiate de Sainte-Sophie.
Un changement de tactique dans la guerre des drones
Les attaques de drones et de missiles russes contre Kiev suivaient jusqu’ici un rythme presque exclusivement nocturne pendant l’essentiel du conflit. Depuis la semaine dernière, Moscou multiplie au contraire des frappes diurnes, grâce notamment à l’utilisation de drones propulsés par réacteur, plus rapides que les modèles Shahed habituels. La population de la capitale subit désormais des perturbations continues, de jour comme de nuit.



