Un nouveau courrier présidentiel algérien est en route pour Bamako. Le Premier ministre Sifi Ghrieb effectue ce lundi 14 septembre 2026 une visite officielle dans la capitale malienne, porteur d’un message du président Abdelmadjid Tebboune destiné à Assimi Goïta, président de la Transition malienne, selon l’annonce de la Primature malienne. Reçu à l’invitation de son homologue, le général de division Abdoulaye Maïga, le chef du gouvernement algérien effectue le déplacement accompagné d’une délégation de haut niveau. Le contenu de ce nouveau message n’a pas été communiqué, mais le précédent courrier, transmis le 24 août dernier par Maïga lui-même à Alger, portait sur la réaffirmation par Tebboune du principe de non-ingérence, Alger assurant alors qu’elle n’interviendrait « jamais dans les affaires intérieures du Mali » — un engagement qui donne le ton de ce nouvel échange, sans en présumer le contenu exact.
Un agenda articulé autour de deux rencontres politiques
Le séjour de Ghrieb à Bamako s’organise autour de deux rendez-vous. Il sera d’abord reçu en audience par le chef de l’État malien, le général d’armée Goïta. Il tiendra ensuite une séance de travail avec Maïga. Ce déplacement fait suite à la visite effectuée le 24 août par le Premier ministre malien à Alger, où il avait transmis un message de Goïta remerciant Tebboune pour son invitation à effectuer, à son tour, une visite officielle en Algérie — sans qu’un calendrier n’ait encore été fixé pour ce déplacement présidentiel.
Une réconciliation entamée avec le Niger avant le Mali
Cette séquence prend racine dans un incident frontalier survenu fin mars 2025 : Alger affirme avoir intercepté, dans la région de Tinzaouatine, un drone armé malien ayant pénétré son territoire aérien. Bamako conteste fermement cette version des faits, situant au contraire l’appareil plusieurs centaines de mètres à l’intérieur de ses propres frontières et y voyant, selon les autorités maliennes, « une action hostile préméditée » de la part d’Alger. Les représailles s’enchaînent alors rapidement : rappel réciproque des ambassadeurs, fermeture de l’espace aérien algérien aux appareils maliens, et un geste de solidarité des deux autres membres de l’Alliance des États du Sahel, le Niger et le Burkina Faso, qui rappellent eux aussi leurs représentants à Alger.
La normalisation avec les pays sahéliens se fait par étapes distinctes : c’est avec le Niger qu’Alger renoue en premier, le 12 février 2026, avec le retour simultané des ambassadeurs à Alger et à Niamey, un rapprochement porté notamment par des intérêts énergétiques communs autour du projet de gazoduc transsaharien. La crise algéro-malienne ne prend fin que cinq mois plus tard, le 10 juillet 2026, avec la réouverture simultanée des espaces aériens, ouvrant la voie à la reprise du dialogue direct entre les deux capitales. La visite de Ghrieb ce 14 septembre poursuit cette normalisation entamée deux mois plus tôt, avec pour prochaine étape annoncée une visite officielle de Goïta en Algérie, dont la date reste à fixer par les voies diplomatiques habituelles.



