Mali-Algérie : après 15 mois de tensions, Assimi Goïta accepte de se rendre à Alger

Assimi Goïta a accepté de se rendre officiellement à Alger, après le déplacement du Premier ministre malien Abdoulaye Maïga en Algérie le 24 août. La date de cette visite présidentielle n’a pas encore été fixée.
Cette annonce intervient alors que Bamako et Alger tentent de normaliser leurs relations après quinze mois de tensions.

Porteur d’un message du chef de la Transition malienne, Maïga a transmis à Abdelmadjid Tebboune l’accord de Goïta pour cette visite. Selon la Primature malienne, le dirigeant malien a présenté l’invitation algérienne comme « une marque d’affection et de considération ».

(📲 Ne ratez aucune de nos news géopolitiques! Rejoignez 👉 LNT Inter sur WhatsApp !)

Une visite présidentielle sans calendrier arrêté

Aucune date n’a été communiquée à l’issue de la rencontre entre Maïga et Tebboune. Les modalités du déplacement doivent encore être définies par les voies diplomatiques habituelles. La Primature malienne ne fait pas état non plus d’un nouvel accord sectoriel ou d’un dispositif bilatéral annoncé lors de cette séquence. L’enjeu immédiat reste donc la poursuite du dialogue engagé entre les deux capitales. Cette évolution intervient quelques semaines après les premières mesures de normalisation. Le 10 juillet, Bamako avait annoncé le retour de son ambassadeur à Alger et la réouverture de son espace aérien aux appareils en provenance ou à destination de l’Algérie. Alger avait pris des mesures similaires concernant son ambassadeur et son espace aérien.

Le Nord-Mali reste un dossier sensible

La future rencontre entre Goïta et Tebboune pourrait aussi porter sur plusieurs dossiers qui concernent directement les deux voisins, à commencer par la sécurité dans le nord du Mali et le long de leur frontière commune. L’Algérie avait joué un rôle central dans les négociations ayant conduit à l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali, signé en 2015 à l’issue du processus d’Alger. Le texte faisait de l’Algérie le chef de file de la médiation destinée à parvenir à une solution durable à la crise du Nord-Mali. La rupture entre Bamako et Alger avait ensuite compliqué ce cadre diplomatique. La crise s’était aggravée après la destruction, en avril 2025, d’un drone malien par l’armée algérienne près de la frontière, épisode qui avait entraîné une nouvelle dégradation des relations entre les deux pays.

Sécurité, économie et coopération transfrontalière

La sécurité sahélo-saharienne constitue un autre intérêt commun. Le Mali et l’Algérie partagent plus de 1 300 kilomètres de frontière, ce qui donne aux questions de surveillance, de lutte contre les groupes armés et de contrôle des trafics une dimension bilatérale.

Les deux pays disposent aussi d’intérêts économiques liés au commerce transfrontalier, aux transports et aux échanges régionaux. La reprise des liaisons aériennes et le retour des ambassadeurs constituent déjà des conditions favorables à une relance des contacts économiques. La visite annoncée de Goïta pourrait ainsi permettre d’aborder ces dossiers directement au plus haut niveau. Pour l’heure, aucune date n’est arrêtée, mais son accord constitue une nouvelle étape dans le rapprochement engagé entre Bamako et Alger.

Laisser un commentaire