Le Mali a ouvert lundi 21 septembre à Kati les nouvelles installations de son Centre d’intelligence artificielle et de robotique (CIAR-Mali). Inauguré à Sirakoro Niaré par Assimi Goïta, l’établissement doit former des spécialistes et conduire des projets technologiques destinés à plusieurs secteurs du pays.
Le centre n’attend toutefois pas cette inauguration pour accueillir des étudiants. Ses activités universitaires ont débuté en 2025. Les données communiquées par le gouvernement en mars 2026 faisaient état de 94 apprenants : 54 suivaient une licence tandis que 40 autres avaient intégré la formation préparatoire. Une nouvelle sélection de 40 étudiants a également été organisée pour l’année universitaire 2026-2027.
De l’IA pour la santé, l’agriculture et les mines
La mission du CIAR-Mali dépasse l’enseignement de l’intelligence artificielle. Les autorités veulent y développer des recherches susceptibles de déboucher sur des outils utilisables dans l’agriculture, la santé, la sécurité ou encore l’industrie minière. Le programme stratégique du centre étend ses domaines de travail à l’éducation, à l’économie et aux questions environnementales.
La robotique constitue l’autre volet du projet. Des installations ont été prévues pour permettre aux chercheurs et aux étudiants de concevoir puis de tester des dispositifs technologiques. Le complexe comprend aussi des espaces dédiés aux enseignements, aux travaux scientifiques et à l’hébergement des apprenants.
Il reste cependant une différence entre ces objectifs et les résultats déjà disponibles. Les documents publics consultés ne détaillent pas encore de système d’IA ou de robot conçu par le CIAR-Mali et déjà déployé à grande échelle dans l’un de ces secteurs. En mars 2026, le ministère de l’Enseignement supérieur présentait encore le lancement de nouveaux travaux scientifiques répondant aux besoins du pays parmi les objectifs de l’année.
Un investissement public de plusieurs milliards de FCFA
Le CIAR-Mali possède un statut d’établissement public consacré aux sciences et aux technologies depuis 2023. Sa création juridique est intervenue quelques semaines après le démarrage du chantier de Sirakoro Niaré. Le projet avait lui-même été précédé, en 2022, par l’annonce d’un pôle destiné aux formations scientifiques et technologiques.
La réalisation du complexe représente environ 3,3 milliards de francs CFA selon les montants communiqués lors du lancement du projet. Le financement provient du budget malien. Les infrastructures sont réparties entre plusieurs bâtiments destinés aux cours, à la recherche, à l’administration et à la vie quotidienne des étudiants.
Le Mali a créé un rendez-vous national consacré à l’IA
Le développement du centre accompagne une autre initiative lancée en 2026. En avril, le gouvernement a décidé d’organiser chaque année un Forum national de l’intelligence artificielle. Ce rendez-vous doit réunir chercheurs, entreprises, institutions et spécialistes maliens établis à l’étranger autour des usages de l’IA et de la robotique.
Le CIAR-Mali prévoit de proposer des cursus universitaires pouvant aller jusqu’au doctorat, complétés par des certifications spécialisées. Après l’ouverture de ses nouvelles infrastructures, l’un des prochains indicateurs de son activité sera donc le nombre de recherches transformées en solutions effectivement utilisées dans les secteurs annoncés.



