La croissance économique du Mali atteindrait 6,3 % en 2026, soit près d’un point de plus que la projection du Fonds monétaire international (FMI), fixée à 5,5 %. Ce chiffre a été annoncé le 21 septembre 2026 par le président de la Transition, Assimi Goïta, dans son message à la Nation, à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du pays. Cette date commémore la proclamation de la République du Mali le 22 septembre 1960, née de l’éclatement de la Fédération du Mali qui associait brièvement le pays au Sénégal, et dont Modibo Keïta fut le premier président.
Un écart avec les prévisions du FMI
L’institution de Bretton Woods avait pourtant revu ses propres estimations à la hausse pour l’an prochain, une prévision communiquée le 21 décembre 2025 et misant sur une reprise de la production aurifère et une amélioration progressive de la situation sécuritaire. Le FMI évoquait une accélération après une année 2025 jugée difficile, avec un rebond porté notamment par l’accord conclu en novembre entre Bamako et le groupe canadien Barrick Gold, appelé à relancer le site de Loulo-Gounkoto, un des dix premiers complexes aurifères au monde. Le chiffre avancé par le chef de l’État malien dépasse donc sensiblement cette trajectoire.
La croissance de 2025 revue à la hausse
Selon le bilan présenté par Assimi Goïta, la croissance réelle du PIB se serait déjà établie à 5,6 % en 2025, un niveau supérieur aux 5 % anticipés par le FMI au cours de l’année. Le président de la Transition a attribué cette performance à une politique reposant sur la mobilisation et la gestion des ressources internes. Il a par ailleurs insisté sur la transformation du secteur minier, présentée comme un levier appelé à jouer un rôle grandissant dans l’économie nationale, grâce à des réformes visant à faire passer le pays d’une logique de rente minière à celle de l’investissement minier.
Le chef de l’État a annoncé les premiers résultats de deux mécanismes financiers issus de la réforme du secteur : 18,435 milliards de francs CFA ont été mobilisés pour le Fonds minier de développement local, et 109,142 milliards de francs CFA pour le Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport. Ces sommes doivent, selon les autorités, financer des projets locaux et des infrastructures structurantes dans les régions productrices d’or, secteur qui représente environ 70 % des exportations du pays selon les données du FMI.
Un anniversaire sous le signe de la souveraineté
Cette célébration du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance intervient au moment où les autorités mettent en avant la notion de souveraineté économique, en particulier depuis le retrait du Mali de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et son rapprochement avec le Burkina Faso et le Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Le décalage entre les chiffres présentés par la présidence et ceux du FMI montre les divergences entre projections gouvernementales et estimations des institutions internationales. Les prochaines consultations du FMI avec Bamako, prévues selon le cycle habituel de douze mois, devraient permettre de mesurer l’écart entre ces deux trajectoires.



