Le Mali dispose désormais d’une salle d’opérations modernisée pour la gestion des situations d’urgence. Inaugurée le 21 septembre, l’infrastructure bénéficie d’un appui technique et financier de Huawei et peut centraliser plus de 74 flux vidéo simultanément.
La nouvelle installation doit permettre aux services maliens de mieux exploiter les informations disponibles lors des catastrophes naturelles, des crises sanitaires ou des situations sécuritaires. Elle comprend un mur d’écrans de 360 pouces, soit environ 180 m² d’affichage, ainsi que des moyens de géoréférencement radio, un dispositif de traitement des appels d’urgence et une alimentation de secours assurant une continuité de service.
Un dispositif élargi à plusieurs régions
Le système dispose aussi d’une couverture vidéo étendue à des zones stratégiques comme Ségou, Sikasso et Mopti. Selon l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP), ces équipements doivent faciliter la remontée des informations vers les autorités et les services mobilisés lors d’une situation de crise.
Le Centre de coordination et de gestion des crises (CECOGEC), placé sous l’autorité du Premier ministre et piloté au quotidien par le ministère de la Sécurité, constitue l’un des dispositifs de coordination de l’État en période d’urgence.
Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le général de division Daoud Aly Mohammedine, a rappelé que le centre avait déjà été mobilisé lors des inondations de 2024 et de la crise du carburant. La rénovation permet aussi de remplacer des équipements datant de 2012, selon le directeur du centre, le colonel Issa Raoul Dana Dabo. Une simulation d’intervention diffusée en direct sur les écrans géants a été réalisée lors de l’inauguration afin de présenter les nouvelles capacités opérationnelles.
Huawei développe depuis plusieurs années des solutions de vidéosurveillance
L’intervention de Huawei intervient dans un domaine où le groupe développe depuis plusieurs années des technologies destinées à la sécurité publique. Dès 2016, l’entreprise présentait des solutions combinant vidéosurveillance, communications, données et systèmes d’information géographique afin de permettre aux centres de commandement de visualiser les incidents et de coordonner les interventions. Huawei a ensuite développé des solutions dites « Safe City », associant surveillance vidéo, centres de commandement, communications d’urgence et analyse des données. L’entreprise indique que ses plateformes peuvent agréger des vidéos provenant de différentes sources et les intégrer à des systèmes de commandement et de répartition des interventions.
En 2017, Huawei indiquait que ses solutions Safe City étaient déjà utilisées dans plus de 200 villes de plus de 80 pays, selon ses propres données. Le groupe présentait alors des technologies permettant de réunir surveillance vidéo, communications critiques, données géographiques et gestion des crises sur des plateformes intégrées. Au Mali, l’appui apporté au centre de gestion des crises associe donc cette expertise technologique à un dispositif national destiné à centraliser les informations et à faciliter leur exploitation en situation d’urgence. Les autorités maliennes n’ont toutefois pas communiqué le coût du projet ni le détail des équipements directement fournis par Huawei.
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