Ouhoumoudou Mahamadou, ancien Premier ministre de Mohamed Bazoum, fait partie des cinq Nigériens visés par une mesure de déchéance provisoire de nationalité signée le 17 septembre 2026 par le président Abdourahamane Tiani. Le décret cite plusieurs faits poursuivis, dont l’intelligence avec des puissances étrangères et des actes susceptibles de troubler l’ordre et la sécurité publics, selon l’Agence nigérienne de presse (ANP).
La décision concerne également Amadou dit Ange Barou Chekaraou, Oumarou Moussa Ibrahim, Ousmane Abdoul Moumouni et Boubacar Seyni Souley. Le décret les associe à plusieurs chefs de poursuite, parmi lesquels la diffusion de données susceptibles de perturber l’ordre public, la diffamation par voie électronique, la participation à une entreprise visant à démoraliser l’armée et la Nation ainsi que l’atteinte à la sûreté de l’État. Ces éléments sont ceux avancés dans le texte officiel rapporté par l’ANP.
Une procédure créée en 2024
La mesure repose sur l’article 9 de l’ordonnance n°2024-43 du 27 août 2024, modifiée par l’ordonnance n°2024-46 du 7 octobre de la même année. Ce dispositif prévoit un fichier destiné aux personnes, groupes ou entités considérés par les autorités comme impliqués dans des actes terroristes ou dans des infractions portant atteinte aux intérêts stratégiques ou fondamentaux du Niger.
Avec ce nouveau décret, le nombre de personnes ayant fait l’objet d’une déchéance provisoire de nationalité depuis la création de ce mécanisme atteint 25, selon l’ANP.
Ouhoumoudou Mahamadou, un parcours qui dépasse la période Bazoum
Avant son entrée au gouvernement de Mohamed Bazoum, Ouhoumoudou Mahamadou avait occupé plusieurs fonctions dans l’administration, le secteur public et les organisations régionales. Il avait dirigé la SONICHAR de 1987 à 1991, puis l’Office des produits vivriers du Niger (OPVN). Il a aussi exercé comme directeur de la BIA Niger de 2012 à 2015, selon sa biographie publiée par l’ANP.
Son parcours comprend également une expérience au sein de la CEDEAO. Entre 1993 et 1998, il y a occupé le poste de secrétaire exécutif adjoint chargé de l’Administration et des Finances. Il a ensuite travaillé comme représentant résident au Niger de l’African Development Foundation des États-Unis, puis comme représentant régional pour l’Afrique de l’Ouest de l’ONG International Lutheran World Relief.
Sur le plan politique, Ouhoumoudou Mahamadou a été ministre chargé des Mines, de l’Énergie, de l’Industrie et de l’Artisanat de 1991 à 1993, puis ministre des Finances de 2011 à 2012. Il a également dirigé le cabinet du président Mahamadou Issoufou entre 2015 et 2020. Mohamed Bazoum l’avait nommé Premier ministre le 3 avril 2021, en remplacement de Brigi Rafini.
La mesure du 17 septembre constitue ainsi une nouvelle application du mécanisme instauré en 2024, dont les autorités nigériennes continuent de se servir contre des personnes poursuivies pour des faits qu’elles présentent comme portant atteinte à la sécurité ou aux intérêts fondamentaux de l’État.



