Patrick Fiori avait 17 ans lorsque Dalida l’a reçu dans sa loge pour lui glisser des mots qu’il n’a jamais oubliés. La scène se déroule sur le plateau de l’émission Les Habits du dimanche, présentée par Léon Zitrone, quelques mois avant la disparition de la star en mai 1987. À l’époque, la chanteuse a déjà bâti une carrière hors norme, portée par des titres devenus des classiques comme Bambino ou Il venait d’avoir 18 ans, et par une personnalité singulière qui contrastait avec les tourments d’une vie privée marquée par plusieurs drames. Cette rencontre, racontée depuis par l’artiste marseillais dans plusieurs émissions, éclaire un pan méconnu de ses débuts, marqués autant par des encouragements inattendus que par des portes fermées.
Une scène inattendue en coulisses
Adolescent, Fiori multiplie déjà les apparitions télévisées et les premières parties de chanteurs reconnus. Sur le plateau de Zitrone, il croise la route de Dalida, qui remarque le jeune artiste et décide de lui accorder un moment en privé, accompagné de son père. Invité de l’émission Quelle Époque !, il s’est souvenu de cet instant : « Elle m’a accueilli dans sa loge pour me dire de très jolies choses. Elle me regarde avec une grande tendresse, elle me dit : ‘Venez vous asseoir’ ».
Il détaille la promesse qu’elle lui aurait alors adressée : « J’espère que vous rencontrerez des artistes qui feront des chansons à la hauteur de votre voix et de votre gentillesse, et ça ne va pas tarder ». Dans l’émission d’Isabelle Morizet Il n’y a pas qu’une vie dans la vie, sur Europe 1, il avait livré une version complémentaire du souvenir, évoquant « un temple d’humilité » et une femme « d’une douceur, d’une délicatesse, d’une gentillesse extrême ».
Un parcours semé d’obstacles
Cette parenthèse chaleureuse tranche avec d’autres rendez-vous professionnels plus rudes vécus par le jeune chanteur à la même période. Il a aussi évoqué, sur Sud Radio, sa rencontre avec Orlando, frère et producteur de Dalida, qui ne lui aurait pas accordé la même attention : « Lors des premiers rendez-vous, les gens te regardent de haut parce que tu es jeune et que tu ne correspond pas à ce qu’ils attendent ».
Ces débuts difficiles précèdent de plusieurs années la révélation de Fiori au grand public, via l’Eurovision en 1993 puis son rôle de Phoebus dans la comédie musicale Notre-Dame de Paris en 1998.
Une icône marquée par la tragédie
Née Iolanda Gigliotti au Caire en 1933, Dalida a vendu plus de 120 millions de disques de son vivant. Sa vie privée fut cependant assombrie par une succession de drames : plusieurs hommes qui ont compté à ses côtés, dont Lucien Morisse et Luigi Tenco, se sont donné la mort, et la chanteuse a elle-même traversé une dépression persistante durant ses dernières années. Elle met fin à ses jours le 3 mai 1987 à Paris, laissant un mot resté célèbre : « La vie m’est insupportable. Pardonnez-moi ». Près de quarante ans après leur rencontre en loge, Fiori continue de citer cet épisode comme l’un des souvenirs fondateurs de son parcours artistique.



