Poutine, jets privés, sa mère chez le Pape : l'enquête secrète sur Infantino

Un rapport d’enquête interne de la FIFA, resté confidentiel pendant près de dix ans, révèle que Gianni Infantino a accepté des vols en jet privé offerts par le gouvernement de Vladimir Poutine durant ses premiers mois à la présidence de l’instance mondiale du football. Le journaliste britannique Sam Wallace a mis au jour ce document dans les colonnes du Telegraph, exposant sept chefs d’accusation examinés en 2016 par la commission d’éthique de la fédération.

Une enquête ouverte quelques mois après l’élection

Infantino remporte la présidence de la FIFA le 26 février 2016, succédant à Sepp Blatter. Moins de quatre mois plus tard, plusieurs hauts responsables de l’organisation déposent des plaintes formelles contre lui, déclenchant une investigation interne.

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L’enquête est confiée à Vanessa Allard, membre de la commission d’éthique de la FIFA entre 2013 et 2017 et alors cheffe des investigateurs de cet organe. Sur les sept accusations examinées, cinq voyages en jet privé sont recensés dans le dossier ; parmi eux, deux vols proviennent de l’UEFA, l’instance européenne où Infantino occupait auparavant le poste de directeur des affaires juridiques, et le reste du gouvernement russe et de l’émir du Qatar.

Un voyage transformé pour sa mère

Parmi les éléments examinés figure également un épisode singulier : Infantino aurait converti une invitation à rencontrer le pape François au Vatican en un déplacement privé destiné à sa mère âgée. Le rapport indique par ailleurs qu’il aurait refusé de signer un contrat de travail prévoyant un salaire annuel de deux millions de francs suisses, jugeant ce montant « insultant« .

Selon des sources proches du dossier citées par le Telegraph, la direction de la fédération redoutait, à peine un an après la mise à l’écart de Blatter dans le scandale de corruption ayant ébranlé l’institution, qu’un nouveau scandale ne fragilise davantage sa direction.

Un blanchiment sans sanction

Au terme de plusieurs semaines d’investigation, Allard a innocenté Infantino de l’ensemble des sept chefs d’accusation, concluant qu’aucune violation du code d’éthique n’avait été commise. Rien n’indique, selon le rapport, qu’une tierce partie aurait influencé cette décision.

En 2020, la presse suisse avait déjà révélé que le dirigeant était soupçonné d’être intervenu directement auprès du parquet fédéral helvétique pour tenter de faire abandonner une procédure distincte le concernant, ouverte quelques semaines après son élection à la tête de la FIFA.

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