Les USA veulent renforcer leur réponse au terrorisme au Sahel avec une nouvelle initiative centrée sur le Mali. Le représentant démocrate Jimmy Panetta et son collègue républicain Joe Wilson ont présenté au Congrès américain une proposition de loi destinée à renforcer le partenariat sécuritaire avec Bamako et à contenir l’expansion des groupes affiliés à Al-Qaïda.
Le texte a été présenté au Congrès alors que les groupes djihadistes sont actifs dans diverses zones du Sahel et que la Russie a renforcé son rôle sécuritaire auprès de pays comme le Mali. Les forces Wagner sont arrivées dans le pays fin 2021 avant que leurs activités ne soient reprises sous la bannière de l’Africa Corps à partir de 2023. Aussi, on peut y voir une volonté américaine de poser une interface face à l’expansion de l’influence russe dans cette région de l’Afrique.
Washington veut mieux comprendre les réseaux djihadistes
La proposition américaine demanderait au Département d’État d’élaborer une stratégie diplomatique destinée à lutter contre Al-Qaïda et ses organisations affiliées au Mali. Elle prévoit aussi une évaluation de la présence du JNIM, de ses capacités et de ses connexions avec les groupes armés actifs dans les pays voisins.
Le projet accorderait une attention particulière aux ressources financières des organisations djihadistes. Les revenus tirés de l’exploitation aurifère, de la contrebande, de l’extorsion, de la taxation imposée aux populations et des paiements de protection seraient étudiés.
Pour Washington, cette approche doit aussi permettre de mieux comprendre les facteurs qui favorisent le recrutement. La pauvreté, les déplacements de populations, les tensions communautaires et les faiblesses de la gouvernance figurent parmi les éléments que les responsables américains devraient examiner. Jimmy Panetta estime que la situation malienne ne peut pas être analysée séparément des évolutions dans les autres pays de la région. « Nous avons besoin d’une image plus claire de la manière dont les groupes militants étendent leur influence, déplacent des ressources à travers les frontières et exploitent l’instabilité », a-t-il déclaré devant la représentation américaine.
Le Mali et le Niger ont déjà été liés aux dispositifs américains
Cette nouvelle initiative s’appuie sur une histoire de coopération entre Washington et les pays du Sahel. Les États-Unis ont établi leurs relations diplomatiques avec le Mali et le Niger en 1960, après leurs indépendances. En 2002, Washington avait lancé la Pan-Sahel Initiative avec le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Tchad. Le programme visait à améliorer la surveillance des frontières, la lutte contre le terrorisme et les échanges d’informations entre les forces de sécurité. Il a ensuite évolué vers le Trans-Sahara Counterterrorism Partnership, qui a élargi cette coopération à plusieurs pays d’Afrique du Nord et du Sahel.
Le Niger est devenu un partenaire sécuritaire important des usa avant le coup d’État de juillet 2023. Washington disposait alors d’une importante base de drones à Agadez pour les opérations de renseignement et de surveillance dans la région. La coopération militaire a pris fin après la rupture entre Niamey et les puissances occidentales.
Washington reprend contact avec Bamako
La proposition de Panetta et Wilson intervient aussi après un récent contact diplomatique entre les deux pays. En juillet 2026, le secrétaire d’État adjoint américain chargé des Affaires africaines, Frank Garcia, s’est rendu au Mali. Les discussions avec les autorités maliennes ont porté sur la sécurité, les mines, les nouvelles technologies et la santé, selon le gouvernement malien. Le nouveau texte pourrait donc constituer une étape supplémentaire dans cette reprise de contact. Il ne prévoit pas, à ce stade, un retour annoncé des forces américaines au Mali. Il cherche plutôt à donner à Washington une nouvelle stratégie face à la progression du JNIM et à l’évolution de l’équilibre sécuritaire régional, alors que le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont renforcé leur coopération au sein de l’Alliance des États du Sahel.