Yakaar-Teranga : le ministère de l'Énergie dément tout "bradage" et corrige le bloc concerné au Sénégal

Le ministère de l’Énergie et du Pétrole du Sénégal a publié un communiqué démentant les accusations de « bradage » formulées contre le protocole d’accord signé avec le groupe italien Eni. Le champ gazier Yakaar-Teranga ne figure parmi aucun des cinq blocs concernés par cet accord, selon ce texte diffusé mi-septembre.

Une carte jugée obsolète par le ministère

Le département dirigé par El Hadji Abdourahmane Diouf affirme que le protocole signé avec Eni porte exclusivement sur cinq zones offshore : SN01M (Saint-Louis Offshore Shallow), SN02M (Cayar Offshore Shallow), SN03M (Rufisque Offshore), SN07M (Saint-Louis Offshore Profond) et SN40M (Sénégal Offshore Sud Profond). Le gisement gazier serait situé dans un tout autre périmètre, référencé SN08M dans le nouveau découpage du domaine pétrolier national et absent de la liste des blocs cédés à Eni. Le ministère qualifie la carte ayant servi de base aux publications contestées de « version de travail obsolète ne reflétant pas la configuration définitive du domaine pétrolier« , jugée de nature à induire l’opinion publique en erreur.

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Cette mise au point répond directement à Alioune Gueye, ancien directeur général de Petrosen, qui avait affirmé sur les réseaux sociaux que le bloc SN07M correspondait à Yakaar-Teranga. L’ex-dirigeant y dénonçait la réouverture d’un gisement selon lui déjà étudié depuis des années par des partenaires internationaux, sans nouvelle évaluation nécessaire. Le ministère rétorque que cette identification serait erronée et que le protocole ne constitue en aucun cas un contrat pétrolier, mais une phase d’études préliminaires financées par Eni.

Un contentieux financier en toile de fond

La controverse survient alors qu’un différend distinct oppose Gueye au Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô sur le dossier du retrait de Kosmos Energy du bloc Yakaar-Teranga en avril 2026. Devant l’Assemblée nationale début septembre, le chef du gouvernement avait évoqué des lacunes à combler dans ce dossier et un manque à gagner évalué à 55 millions de dollars pour l’État, une accusation que l’ancien DG de Petrosen conteste. Le retrait de Kosmos avait alors été présenté comme une reconquête du gisement par l’État sénégalais, sans compensation financière versée par le pays. La compagnie américaine exploitait initialement ce champ estimé entre 25 et 32 Tcf de gaz récupérable, l’un des plus importants découverts en Afrique de l’Ouest, avant que BP ne se retire également du projet quelques années plus tôt.

Aucun droit d’exploitation accordé à Eni

Le ministère précise que le protocole signé avec Eni ne confère à la compagnie aucun titre d’exploration, aucun droit sur les ressources concernées, ni aucune garantie automatique de conclusion d’un futur contrat pétrolier. Toute étape ultérieure resterait soumise aux procédures et approbations prévues par la législation sénégalaise. Le texte ministériel « appelle par conséquent chacun à la responsabilité » face à la diffusion d’informations jugées inexactes sur la gestion des ressources pétrolières et gazières nationales. Le département affirme poursuivre, avec Petrosen, sa politique de promotion du bassin sédimentaire national et de valorisation des ressources dans le respect des procédures prévues par la loi.

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