Terrorisme : à l'ONU, le Bénin appelle à accélérer le partage de renseignements entre États africains

Un appel à accélérer le partage de renseignements entre pays africains a été lancé ce 24 septembre à New York, à l’occasion d’une session ministérielle du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine consacrée au bon voisinage et aux réponses régionales face aux défis sécuritaires et terroristes en Afrique. La rencontre s’est tenue en marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies. La ministre béninoise des Affaires étrangères, Corinne Amori Brunet, a porté cette demande, alors que le continent concentre aujourd’hui l’essentiel des victimes mondiales du terrorisme.

Le Bénin, à la tête du CPS de l’UA ce mois-ci

Cette prise de parole intervient à un moment particulier pour Cotonou : le Bénin assure depuis le début du mois la présidence tournante du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine, un mandat mensuel exercé par rotation alphabétique entre les quinze membres élus de l’organe. Le pays avait déjà mis à profit cette fonction début septembre pour accueillir à Cotonou un séminaire ministériel sur la place des femmes dans les processus de paix, dans le cadre du Processus de Swakopmund. La situation sécuritaire du continent reste préoccupante : le Sahel concentre à lui seul plus de la moitié des victimes mondiales du terrorisme recensées en 2025, un chiffre qui a conduit le commandement militaire américain pour l’Afrique à qualifier la région d’épicentre de la menace djihadiste mondiale.

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Le manque de coordination pointé du doigt

La cheffe de la diplomatie béninoise a souligné que les groupes armés actifs sur le continent pourraient exploiter les retards dans les échanges d’informations et les failles de coordination entre pays voisins. Selon elle, le bon voisinage entre États ne suppose aucun abandon de souveraineté, mais exige que les alertes circulent à temps et que les services de sécurité comme les autorités judiciaires puissent travailler ensemble, y compris lorsque les relations diplomatiques traversent des tensions.

La ministre a également rappelé la dimension humaine des zones frontalières, souvent perçues par les États comme de simples lignes séparant des souverainetés, alors qu’elles constituent pour les populations locales des espaces de vie, de commerce et de liens familiaux. Lorsque l’insécurité s’y installe, a-t-elle relevé, elle touche des habitants et des activités des deux côtés de la frontière, d’où la nécessité d’associer les acteurs qui connaissent ces territoires à toute réponse sécuritaire.

Une préoccupation partagée par l’Union africaine

Cette position rejoint celle exprimée par le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, qui a insisté sur l’amélioration de la coopération entre États membres, communautés économiques régionales et mécanismes continentaux. Il a jugé que le partage des expériences en matière de renseignement et la préparation institutionnelle des États constituent les fondements de la stratégie continentale de lutte contre l’extrémisme violent. L’intervention béninoise à New York reflète ainsi la continuité des travaux menés par Cotonou à la tête du Conseil de paix et de sécurité ce mois-ci.

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