Le Burkina Faso et l’Égypte veulent renforcer leur coopération contre le financement du terrorisme. L’engagement a été pris mardi 1er septembre au Caire, lors d’entretiens entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays. Les discussions ont également porté sur la défense, la sécurité, le commerce et les investissements.
Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, séjourne en Égypte depuis le 31 août. Il a rencontré son homologue égyptien Badr Abdelatty, avant une réunion élargie aux délégations des deux pays. Selon les éléments communiqués à l’issue des échanges, les deux parties ont défendu une approche « globale » pour réduire les capacités financières des organisations terroristes.
Une coopération sécuritaire déjà ancienne
Cette nouvelle orientation s’appuie sur des relations bilatérales qui ne se limitent pas à la lutte antiterroriste. Ouagadougou et Le Caire coopèrent depuis plusieurs décennies dans différents secteurs, dont l’éducation, la santé, l’agriculture, le commerce et la sécurité. Selon l’ambassade du Burkina Faso au Caire, les deux pays ont créé une Commission mixte de coopération en 1995.
La coopération sécuritaire s’est également développée au fil des années. Des membres des forces de défense et de sécurité burkinabè ont ainsi bénéficié de formations en Égypte dans des domaines liés à la lutte contre le terrorisme, au déminage, à la détection des engins explosifs et à la sécurisation des frontières. Cette collaboration s’est poursuivie ces dernières années. En mars 2025, une délégation du ministère égyptien de l’Intérieur s’était rendue à Ouagadougou pour échanger avec les autorités burkinabè sur la sécurité intérieure et le partage d’expérience.
Pourquoi cibler les financements ?
Pour les deux pays, l’action militaire ne constitue pas le seul moyen de réduire la menace terroriste. Les groupes jihadistes ont besoin de ressources pour acquérir du matériel, assurer leurs déplacements, recruter des combattants et maintenir leurs réseaux logistiques. Le tarissement des ressources financières vise donc à réduire leur capacité à organiser et soutenir leurs opérations.
Cette démarche peut également concerner les circuits permettant de transférer ou de dissimuler des fonds destinés aux organisations terroristes. Les discussions entre les deux pays associent cette dimension financière à une action sur les facteurs socio-économiques des crises. L’objectif affiché serait ainsi de combiner les mesures sécuritaires avec des réponses aux conditions susceptibles de favoriser l’instabilité.
Ouagadougou cherche à diversifier ses partenariats
Pour le Burkina Faso, cette coopération intervient alors que le pays fait face depuis plusieurs années au phénomène du terrorisme. Le renforcement des liens avec l’Égypte élargit ses partenariats dans le domaine sécuritaire, tout en maintenant une coopération dans les secteurs économique et commercial. L’Égypte dispose également d’une expérience importante dans la lutte contre les réseaux terroristes et la sécurisation de ses frontières.
Pour Ouagadougou, le partage de cette expérience pourrait donc compléter les actions déjà engagées sur son territoire. Les discussions du Caire ne font toutefois pas état, à ce stade, de la création d’un mécanisme financier commun ou de mesures précises visant des réseaux déterminés. Elles traduisent plutôt une volonté politique de renforcer la coopération et de s’attaquer aux ressources qui permettent aux groupes terroristes de poursuivre leurs activités.



