Trump accusé de corruption électorale après sa promesse de 5000 dollars aux Américains

Plusieurs journalistes et commentateurs ont accusé Donald Trump de tenter d’acheter des voix, après sa promesse mercredi soir de verser 5000 dollars à chaque adulte citoyen des États-Unis si le Parti républicain conserve le Congrès. Le chroniqueur Sam Stein a dénoncé sur X une tentative de « corrompre ouvertement les électeurs pour qu’ils votent républicain », tandis que le chercheur en désinformation Jim Stewartson a qualifié la déclaration de tentative « d’acheter le pays tout entier pour qu’il vote pour les Républicains« .

Une promesse conditionnée à la victoire électorale

L’annonce a été faite lors de la première convention républicaine de mi-mandat, organisée à Dallas, au Texas. Le versement ne serait déclenché que si les Républicains conservent la majorité à la fois à la Chambre des représentants et au Sénat lors des élections législatives du 3 novembre. Si les républicains gagnent la Chambre des représentants et le Sénat, je verserai un dividende de 5000 dollars à chaque citoyen adulte des États-Unis, a déclaré le président devant les militants réunis à l’American Airlines Center.

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Le chef de l’État a présenté cette somme, baptisée dividende Trump, comme une redistribution liée aux performances économiques du pays. Une seule restriction encadre cette promesse : l’argent devra être dépensé aux États-Unis, et non à l’étranger. On ne veut pas que vous alliez dépenser cet argent au Canada, en Chine ou en Allemagne, a-t-il précisé selon des propos rapportés par CBS News.

Des accusations d’achat de voix

Sur les réseaux sociaux, un avocat du Kentucky, Alan Simpson, a évoqué une pratique que « son père appelait l’achat de voix ». Le journaliste Garrett Haake, correspondant en chef à la Maison-Blanche pour NBC News, a pour sa part interrogé l’administration sur l’origine des fonds nécessaires pour financer une telle mesure. Aucune plainte formelle ni enquête n’a été annoncée à ce stade, et la Maison-Blanche n’a pas répondu publiquement à ces accusations.

Un financement resté flou

Aucune précision n’a été donnée sur les modalités de versement ni sur une éventuelle validation par le Congrès. Le président a évoqué les recettes tarifaires comme source potentielle de financement, sans détailler de mécanisme concret. Avec environ 245 millions d’adultes citoyens aux États-Unis, la facture totale dépasserait les 1000 milliards de dollars, soit près d’un septième du budget fédéral annuel, évalué à environ 7000 milliards de dollars.

Un précédent resté sans suite

Cette annonce n’est pas la première du genre. En novembre 2025, le président avait déjà évoqué un dividende tarifaire de 2000 dollars par personne, financé par les recettes douanières, sans qu’aucun versement n’ait été effectué depuis. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent avait lui-même semblé pris de court par cette annonce à l’époque.

La nouvelle promesse intervient alors que le camp républicain affronte un contexte électoral difficile. Les sondages actuels anticipent une large victoire démocrate à la Chambre des représentants, et une possible bascule du Sénat, selon les projections du modèle Decision Desk. La remontée du coût de la vie pèse largement sur ce climat : selon l’Organisation de coopération et de développement économiques, les États-Unis devraient enregistrer en 2026 un taux d’inflation de 4,2 %, le plus haut niveau parmi les pays du G7, contre 2,6 % un an plus tôt. Les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran fin février ont fait grimper les prix du pétrole, tandis que les droits de douane de 25 % imposés aux importations canadiennes continuent de peser sur les prix à la consommation.

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