Toute frappe nucléaire américaine contre l’Iran est exclue, a affirmé le président des États-Unis lundi 31 août. Lors d’un point presse tenu dans le Bureau ovale, Donald Trump a justifié ce refus par l’état des forces iraniennes, qu’il a qualifiées de totalement vaincues sur le plan militaire.
Une question jugée sans objet
Interrogé directement sur la possibilité d’un recours à l’arme nucléaire, le président américain a balayé la question. « Quelle question stupide, en fait, ils sont totalement vaincus militairement, alors pourquoi utiliserais-je une arme nucléaire contre eux », a-t-il déclaré, selon les propos rapportés lors de cet événement. Il a ajouté qu’aucune raison ne justifiait une telle option. Un correspondant a ensuite cherché à savoir si le recours à une force non conventionnelle restait envisageable dans l’absolu ; Trump a rejeté cette prémisse tout en confirmant son opposition à toute intervention nucléaire.
L’administration américaine soutient que l’appareil militaire conventionnel iranien a été démantelé étape par étape lors des opérations conduites récemment. D’après elle, Washington aurait déjà atteint ses buts de guerre par des moyens classiques, ce qui priverait une escalade nucléaire de toute justification aux yeux du président.
Une guerre qui a repris après une accalmie
Ces déclarations interviennent après une nouvelle étape du conflit : l’Iran a frappé des bases américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis, en représailles à des bombardements américains sur l’île iranienne de Larak. Ces frappes avaient fait deux morts et plusieurs blessés, selon l’agence officielle iranienne IRNA. Les Gardiens de la révolution avaient revendiqué des attaques combinant missiles balistiques et drones contre des installations utilisées par les forces américaines dans la région, plus de six mois après le déclenchement du conflit armé et après une période de calme relatif obtenue via un cessez-le-feu conclu en avril et un protocole d’accord signé en juin. C’est dans ce cadre que la question d’une riposte nucléaire américaine a été posée à Trump, qui a choisi d’y répondre par la négative tout en réaffirmant la supériorité militaire conventionnelle de Washington.
Un précédent historique qui pèse sur le débat
Les seules frappes nucléaires jamais menées dans un conflit armé remontent à 1945, lorsque les États-Unis avaient visé les villes japonaises d’Hiroshima et Nagasaki, faisant environ 200 000 morts au total selon les estimations historiques. Aucun autre pays n’a depuis franchi ce seuil, ce qui confère à toute déclaration présidentielle sur ce sujet un poids diplomatique particulier, indépendamment de l’issue du conflit en cours avec l’Iran.
La position affichée par la Maison-Blanche laisse pour l’instant la porte ouverte à une poursuite des opérations conventionnelles, sans qu’aucun calendrier de désescalade n’ait été évoqué lors de cette prise de parole.



