Trump prédit la « ruine » de l'Espagne, entre crise à Ceuta et tensions sur l'OTAN

Donald Trump a déclaré ce mercredi que l’Espagne deviendrait un pays « ruiné ». Dans une interview accordée à la chaîne britannique GB News, le président américain a visé le pays sur deux fronts : les dépenses militaires au sein de l’OTAN et la gestion de la crise migratoire à Ceuta.

Un différend sur les dépenses de l’OTAN

« L’Espagne va être un pays ruiné. J’ai eu mes propres problèmes avec l’Espagne parce qu’elle ne se comporte pas très bien vis-à-vis de l’OTAN », a déclaré Trump à la journaliste Bev Turner. Le président américain reproche depuis plusieurs mois à Madrid de refuser l’objectif fixé aux membres de l’Alliance atlantique de porter leurs dépenses de défense à 5 % du PIB. Une exemption a été négociée par le gouvernement espagnol, qui plafonne sa contribution à 2,1 %. Les responsables américains estiment que ce niveau reste insuffisant au regard des engagements pris par les autres membres.

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Le rappel des événements à Ceuta

Trump est également revenu sur la crise survenue fin juillet, lorsque plus de 70 000 personnes avaient franchi la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole en une seule journée. Si un grand nombre a depuis regagné le territoire marocain, plusieurs milliers de personnes demeurent toujours sur place.

Le président américain a qualifié la situation de jamais-vu, ajoutant que le Royaume-Uni connaît lui aussi des difficultés migratoires, mais sans la même ampleur. Début août déjà, il avait attribué la crise à des lois jugées trop laxistes et à une gestion défaillante du gouvernement de Pedro Sánchez.

Un troisième front autour des bases militaires

Le désaccord sur l’OTAN suit un autre point de friction, apparu en mars. Le gouvernement espagnol avait alors refusé d’autoriser l’usage des bases de Rota et Morón par l’armée américaine dans le cadre des frappes contre l’Iran, invoquant les accords bilatéraux de 1988 encadrant leur usage. La ministre de la Défense, Margarita Robles, avait assuré que ces installations n’apportaient aucun soutien logistique ni maintenance aux opérations américaines.

En réponse, Trump avait annoncé vouloir « couper tout le commerce » avec l’Espagne, chargeant le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, de suspendre les échanges économiques avec Madrid.

Une opposition ancienne entre Washington et Madrid

En juillet, lors du sommet de l’OTAN à Ankara, Trump avait de nouveau qualifié l’Espagne de cause perdue. Il avait également évoqué la possibilité d’une exclusion espagnole de l’Alliance atlantique, une option qui reste pour l’instant purement théorique.

Cette nouvelle sortie intervient alors que l’Espagne mise sur une saison touristique exceptionnelle. Le secteur, qui pèse environ 13 % du PIB national, table sur un flux record de près de 97 millions de visiteurs étrangers cette année. L’Italie, de son côté, a instauré des contrôles renforcés sur les voyageurs en provenance d’Espagne, par voie aérienne et maritime, jusqu’au 15 septembre.

Le gouvernement espagnol n’avait pas réagi publiquement à ces propos au moment de la publication de cet article.

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