Le renouvellement des sanctions européennes contre la Russie a été reporté d’une semaine après le refus de la France et de la Slovaquie de valider le maintien d’Alicher Ousmanov sur la liste de l’Union européenne. Le Financial Times affirme que la démarche française serait liée à des négociations visant la libération de plusieurs ressortissants français détenus en Azerbaïdjan.
Les Vingt-Sept devaient reconduire les mesures visant environ 3 000 personnes et entités considérées comme participant ou contribuant à l’effort de guerre russe. Après plusieurs réunions sans accord, les États membres ont décidé de repousser leur décision d’une semaine.
Une demande française liée à des détenus en Azerbaïdjan
Selon le Financial Times, Paris chercherait à obtenir une exception pour Ousmanov dans le cadre de discussions portant sur plusieurs Français détenus en Azerbaïdjan. Le quotidien britannique rapporte que la France aurait invoqué auprès de ses partenaires européens une question spécifique de sécurité nationale. Le Quai d’Orsay n’a pas commenté publiquement les informations rapportées par le quotidien.
La situation de ressortissants français détenus en Azerbaïdjan constitue bien un dossier diplomatique actuel. Une question publiée à l’Assemblée nationale le 1er septembre 2026 fait état de la détention d’Anass Derraz, condamné à douze ans de prison, et de Martin Ryan, condamné à dix ans. Le document parlementaire demande au gouvernement de préciser les démarches engagées pour obtenir leur libération ou, lorsque cela est possible, leur transfert vers la France.
Ousmanov toujours visé par les sanctions européennes
Alicher Ousmanov est inscrit sur la liste européenne des personnes sanctionnées depuis 2022. L’Union européenne justifie cette mesure par ses liens avec le pouvoir russe et son rôle dans des secteurs économiques considérés comme importants pour les intérêts de Moscou.
Le milliardaire russo-ouzbek conteste ces accusations et a engagé plusieurs procédures judiciaires contre les sanctions qui le visent. Son maintien sur la liste européenne a déjà fait l’objet d’un contentieux devant la justice de l’Union européenne.
Le Tribunal de l’Union européenne avait rejeté, le 3 septembre 2025, son recours contre son maintien dans le dispositif de sanctions. Cette décision constituait alors un revers judiciaire pour l’homme d’affaires, qui cherchait à faire annuler les mesures prises à son encontre.
Une décision attendue la semaine prochaine
Le blocage intervient alors que le renouvellement des sanctions européennes doit normalement être décidé à intervalles réguliers. La France et la Slovaquie ont refusé de donner leur accord au maintien du dispositif dans sa forme envisagée tant que la question concernant Ousmanov n’était pas réglée.
La demande française a suscité de fortes réactions parmi les diplomates européens. Le Financial Times rapporte que l’un d’eux l’a qualifiée d’« ahurissante ».
Les discussions doivent désormais se poursuivre avant une nouvelle échéance fixée à la semaine prochaine. Le maintien des sanctions européennes contre la Russie dépend donc, pour l’instant, de la recherche d’un compromis sur le cas particulier d’Alicher Ousmanov.



