UE : Poutine donne un ultimatum à l’Arménie, une répétition du scénario ukrainien ?

Vladimir Poutine demande à l’Arménie de clarifier rapidement son orientation entre l’Union européenne et l’Union économique eurasiatique. La situation rappelle le bras de fer engagé par Moscou avec l’Ukraine en 2013, lorsque le président Viktor Ianoukovitch préparait la signature d’un accord d’association avec Bruxelles.

La Russie avait alors multiplié les pressions économiques et politiques pour dissuader Kiev de franchir le pas. Le 21 novembre 2013, les autorités ukrainiennes avaient finalement suspendu les préparatifs de l’accord, une décision qui avait déclenché les manifestations de l’Euromaïdan et profondément bouleversé les relations entre l’Ukraine et la Russie. Treize ans plus tard, l’Arménie de Nikol Pachinian se retrouve à son tour confrontée aux exigences de Moscou alors qu’elle avance vers un rapprochement avec l’UE.

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Poutine estime qu’une adhésion de l’Arménie à l’UE poserait des problèmes à sa participation à l’Union économique eurasiatique (UEE). Il a déclaré que cette évolution crée des difficultés pour le maintien de son statut au sein de l’Union économique eurasiatique. Le dirigeant russe souhaite donc que les Arméniens se prononcent sur cette orientation le plus rapidement possible. Pachinian rejette toutefois l’idée d’une rupture déjà engagée avec l’organisation économique dirigée par Moscou. Selon lui, l’Arménie n’a pas encore décidé de quitter l’UEE et il serait prématuré de présenter la situation comme telle. Le Premier ministre considère aussi que la loi adoptée l’an dernier sur la candidature européenne rendrait inutile l’organisation d’un nouveau référendum.

Moscou oppose l’UE à l’Union eurasiatique

La position défendue par Poutine reprend une ligne déjà exprimée par Moscou ces derniers mois. En avril, le président russe avait déjà jugé qu’une adhésion arménienne à l’UE ne pouvait pas être conciliée avec les engagements du pays au sein de l’UEE. En mai, la Russie avait également rappelé son ambassadeur en Arménie pour consultations, en invoquant les mesures prises par Erevan en faveur d’un rapprochement avec Bruxelles.

Le contexte est aussi marqué par les élections arméniennes de juin, qui ont confirmé la poursuite de la trajectoire pro-européenne de Pachinian. Quelques semaines plus tard, le Premier ministre annonçait que son gouvernement préparait une demande d’adhésion à l’UE. Cette confrontation rappelle un précédent beaucoup plus ancien. En 2013, l’Ukraine de Viktor Ianoukovytch préparait elle aussi un accord d’association avec Bruxelles. Moscou cherchait alors à maintenir Kiev dans son espace économique et à l’attirer vers l’Union douanière réunissant la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan.

En 2013, Moscou avait déjà menacé l’Ukraine de mesures commerciales

En août 2013, Poutine avait averti que la libéralisation des échanges entre l’Ukraine et l’UE pourrait conduire les membres de l’Union douanière à adopter des mesures de protection commerciale contre les produits ukrainiens. La Russie craignait alors que le marché ukrainien soit utilisé comme voie d’entrée pour des marchandises européennes.

La pression ne s’était pas limitée aux déclarations. En août 2013, les autorités douanières russes avaient renforcé les contrôles sur les marchandises ukrainiennes. Le gouvernement russe avait ensuite annoncé des mesures visant à relever les droits de douane sur les produits ukrainiens si certaines dispositions économiques de l’accord avec l’UE entraient en vigueur.

À l’automne 2013, Ianoukovytch avait finalement suspendu les préparatifs de la signature de l’accord avec l’UE. Cette décision avait contribué au déclenchement des manifestations de Maïdan. Aujourd’hui, Erevan se retrouve confronté à une pression russe comparable sur le plan économique et géopolitique. La différence est que Pachinian affirme vouloir poursuivre son rapprochement avec Bruxelles sans annoncer, à ce stade, la sortie de l’UEE. La question est désormais de savoir si l’Arménie pourra maintenir cette position entre les deux ensembles.

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