La Russie prévoit d’accroître fortement la production du Dan-T, une munition à réaction déjà employée dans la guerre en Ukraine, selon des informations publiées le 21 septembre par RBC-Ukraine. Des sources citées par le média ukrainien évoquent jusqu’à 2 000 exemplaires d’ici fin 2026, puis un objectif pouvant atteindre 14 000 unités en 2027. Ces volumes n’ont pas été confirmés officiellement par Moscou.
Le Dan-T possède une particularité : il descend du Dan-M, un appareil initialement utilisé comme cible lors des exercices de défense antiaérienne. Selon l’expert aéronautique ukrainien Anatolii Khrapchynskyi, la Russie aurait adapté cette ancienne plateforme afin de lui permettre d’effectuer des missions de frappe.
Une production massive encore incertaine
Selon les sources de RBC-Ukraine, le risque pour la défense ukrainienne viendrait surtout du nombre d’engins que la Russie pourrait lancer. Des Dan-T employés en quantité avec des drones Shahed et différents types de missiles obligeraient les systèmes antiaériens à gérer davantage de cibles lors d’une même attaque.
La capacité de Moscou à atteindre les volumes annoncés reste cependant incertaine. Khrapchynskyi considère que la disponibilité des moteurs pourrait freiner la fabrication. Interrogé sur l’hypothèse de 14 000 unités produites en 2027, l’expert ukrainien a désigné cet approvisionnement comme l’une des principales contraintes industrielles.
Les caractéristiques présentées publiquement donnent une indication des capacités de l’engin. Lors du salon aéronautique d’El Alamein, en Égypte, en septembre, Rosoboronexport a dévoilé un Dan-T dont la masse maximale annoncée atteint 268 kg. Selon les données communiquées à Janes, l’appareil peut transporter une charge militaire de 130 kg, atteindre 500 km/h et parcourir jusqu’à 450 km.
Khrapchynskyi avance une estimation légèrement différente. Selon lui, le rayon d’action pourrait approcher 500 km lorsque le Dan-T est largué depuis un avion comme le Su-35, contre environ 250 km pour un départ depuis le sol.
Le Dan-T est déjà employé contre l’Ukraine
La munition a déjà été signalée dans les comptes rendus militaires ukrainiens. Après l’attaque russe menée dans la nuit du 23 au 24 septembre, l’armée de l’air ukrainienne a recensé des Banderol/Dan-T parmi les engins utilisés. Elle affirme avoir neutralisé un appareil de ce type, ainsi que 219 drones et plusieurs missiles. Selon les autorités ukrainiennes, 282 drones de différentes catégories avaient été lancés pendant cette attaque.
Le Dan-T repose sur une technologie dont les origines remontent aux années 1990. Le Dan-M avait été développé pour servir de cible à réaction pendant les exercices militaires. Il permettait aux unités antiaériennes de s’entraîner face à une cible reproduisant certaines caractéristiques de vol d’un engin hostile. La plateforme aurait depuis été adaptée à une fonction offensive.
Des centaines de lancements revendiqués par Rostec
Le groupe public russe Rostec affirme que le Dan-T a déjà effectué des centaines de lancements réussis contre des objectifs durant la guerre. Cette affirmation du fabricant russe n’a pas été vérifiée de manière indépendante.
Rostec décrit le Dan-T comme une munition autonome équipée d’un moteur à réaction et capable de parcourir plusieurs centaines de kilomètres après son lancement. Si les volumes de production rapportés par RBC-Ukraine se confirmaient, la principale évolution résiderait donc moins dans l’apparition d’une technologie entièrement nouvelle que dans le nombre d’engins que la Russie pourrait engager simultanément.



