Chaque année, les promesses d’aide au développement se répètent, tout comme les constats d’échec. Les chiffres sont là : malgré des décennies de transferts financiers, l’Afrique reste confrontée à des défis structurels majeurs – gouvernance fragile, dépendance économique, inégalités persistantes. L’édition 2025 de l’Ibrahim Governance Weekend, organisée à Marrakech, a mis en lumière cette dissonance. Pour Mo Ibrahim, philanthrope anglo-soudanais et fondateur de la fondation du même nom, il est devenu urgent de rompre avec une logique d’assistanat dépassée qui freine l’appropriation du développement par les acteurs africains eux-mêmes.
Houessouvi FOLY
Ressources naturelles : l'Afrique face aux renégociations des contrats
Alors que les promesses économiques liées à l’exploitation des ressources naturelles suscitent depuis des années l’espoir de transformations majeures, plusieurs pays africains s’engagent désormais dans un bras de fer juridique ou fiscal avec les entreprises étrangères opérant sur leur sol. Le Sénégal, tout juste entré dans le cercle des producteurs de pétrole, illustre cette dynamique avec l’ouverture d’un arbitrage international par Woodside Energy, son principal partenaire sur le champ offshore de Sangomar.
Macky Sall SG de l'ONU : un mauvais signal pour l'institution ?
À peine sorti du pouvoir, Macky Sall fait déjà l’objet de graves accusations au Sénégal. Depuis la passation de relais à Bassirou Diomaye Faye en avril 2024, plusieurs enquêtes officielles et rapports indépendants ont mis en lumière des zones d’ombre dans sa gestion. L’ancien président est pointé du doigt pour des irrégularités budgétaires importantes, des soupçons de corruption à grande échelle et des décisions politiques controversées, notamment le report de l’élection présidentielle. Cette séquence trouble laisse une empreinte tenace sur son image, à un moment où circulent des rumeurs persistantes sur ses ambitions internationales.
Guinée Bissau : Emballo, chantre de l'intervention militaire contre le Niger, chasse la CEDEAO
La situation en Guinée-Bissau prend une tournure inattendue. Jadis partisan d’une intervention ferme – comme lors du coup d’État au Niger où il appelait à des mesures militaires pour rétablir l’ordre – le président Umaro Sissoco Emballo oppose aujourd’hui son refus de toute médiation externe. L’expulsion nette d’une délégation de la CEDEAO, venue en collaboration avec l’ONU pour désamorcer la crise électorale, illustre de manière saisissante ce paradoxe.
Diversité animale en Afrique : perspectives de revenus inspirées par le modèle chinois
L’Afrique se distingue par une richesse faunique exceptionnelle, regroupant des centaines d’espèces qui contribuent à un patrimoine naturel unique. Ce continent recèle un potentiel économique largement sous-exploité, notamment en ce qui concerne la valorisation monétaire de sa biodiversité. Actuellement, de nombreux programmes de préservation et d’exposition profitent majoritairement à des organismes et à des zoos occidentaux, laissant de côté la possibilité de rediriger ces revenus vers les économies locales. Une stratégie de gestion intégrée, qui s’inspirerait de modèles internationaux, pourrait permettre à l’Afrique de tirer profit de sa diversité animale tout en favorisant un développement économique durable.
Netanyahu - Poutine : la bourde de la France concernant les mandats de la CPI
La justice pénale internationale a marqué son histoire par des décisions retentissantes, comme les mandats d’arrêt contre Laurent Gbagbo pour crimes contre l’humanité en Côte d’Ivoire, ou encore celui visant Omar el-Béchir pour génocide au Darfour. Ces précédents ont démontré la capacité de la Cour pénale internationale (CPI) à poursuivre des dirigeants en exercice, malgré les obstacles diplomatiques et politiques. La récente émission de mandats d’arrêt contre Benyamin Netanyahu ravive aujourd’hui le débat sur l’effectivité et l’universalité de cette justice internationale.
CPI à géométrie variable : le cas Netanyahu justifie les positions africaines
La Cour pénale internationale (CPI) a connu plusieurs épreuves décisives ces dernières années qui ont mis à l’épreuve sa crédibilité et son autorité. Les cas de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, du président soudanais Omar el-Béchir et plus récemment de Vladimir Poutine ont suscité des réactions contrastées sur la scène internationale. Les pays occidentaux défendaient alors vigoureusement l’institution judiciaire face aux critiques des États concernés. Le mandat d’arrêt émis ce 21 novembre contre Benjamin Netanyahu pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité redessine aujourd’hui les lignes de fracture diplomatiques, avec un positionnement inédit de certaines puissances occidentales.
Racisme en Libye : L'inexcusable silence de la CAF face aux agressions répétées
La scène est devenue tristement familière : une équipe africaine arrive en Libye pour un match officiel et se retrouve victime d’intimidations, de violences, voire pire. Le récent cas des Béninois, frappés par ceux-là mêmes qui étaient censés assurer leur protection, n’est que le dernier épisode d’une série d’incidents qui entache le football africain. La question qui se pose désormais est simple : jusqu’où ira la complaisance de la Confédération Africaine de Football (CAF) ?
Avec le Sénégal, la CEDEAO confirme les doutes sur sa partialité
La Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) se retrouve une fois de plus au centre des critiques en raison de sa gestion disparate des crises politiques dans la région. Alors que l’organisation a imposé des sanctions contre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, suite à des coups d’État et des dérives autoritaires, sa réaction timide face à la crise politique sénégalaise soulève des questions sur sa cohérence et sa neutralité.
Russie: les USA avertissent des centaines de pays d’un danger
Les services de renseignement américains ont récemment accusé la Russie d’ingérences et de tentatives de déstabilisation des processus électoraux dans de nombreux pays. Selon un rapport divulgué, la Russie recourt à un éventail de tactiques, y compris l’utilisation d’espions, de médias et des réseaux sociaux, pour saper la crédibilité des élections mondiales. Le document souligne que la Russie voit ces opérations d’influence comme une stratégie efficace, avec l’aval de hauts responsables du gouvernement russe, dont le Kremlin.