Lutte contre la corruption au Bénin : le système prend l’eau de partout

Lutte contre la corruption au Bénin : le système prend l’eau de partout

Le Bénin connaît depuis quelques jours une augmentation des scandales de corruption. Sociétés d’Etat, agences, ministères et même la présidence de la République sont ébranlés chacun par des dossiers rocambolesques. Les cas révélés par la presse et qui pourraient ne pas être les seuls amène plusieurs personnes à penser à l’inefficacité du dispositif mis en place par le gouvernement.

La corruption a vraiment la peau dure au Bénin. Telle l’hydre de Lerne, elle sort toujours une tête lorsqu’on essaie d’en couper une. Aucune batterie d’actions n’a été assez efficace pour éradiquer le fléau. Depuis 1990, tous les gouvernements qui se sont succédés au pouvoir ont essayé vaille que vaille de lutter contre la corruption. Installé depuis Avril 2016, le pouvoir de la rupture a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille. Le chef de l’Etat a prôné dès sa prise de pouvoir une société de vertu et une gestion rigoureuse des finances publiques.

Pour joindre l’acte à la parole, il met en place un dispositif rigoureux de répression des actes de prévarication en créant une cour spéciale dédiée à cette lutte. Il s’agit de la Cour de Répression des Infractions Economiques et du terrorisme(CRIET). Depuis sa création, cette cour a connu des centaines de dossiers et sanctionné des personnes impliquées. Bien que les peines de prison soient très lourdes et suffisamment dissuasives, elles n’ont pas réussi à arrêter les nombreux cas de malversation qui essaiment le pays. La preuve, depuis plusieurs semaines, les cas de malversations sortent de terre comme des champignons.

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Réchauffement des relations bénino-nigérianes: l’ombre du milliardaire Dangoté

Aliko Dangote

Un nouveau vent souffle  entre le Bénin et le Nigéria, avec la rencontre des présidents Patrice Talon et Bola Tinubu le vendredi dernier à Paris après  plusieurs années de froid. Accusé d’être le principal acteur du clash entre les deux pays, le milliardaire nigérian Aliko Dangoté, aura finalement réussi à jouer en douce, le rôle d’entremetteur pour cette réconciliation. Embrassade, accolade, sourire et regards complices entre le président Patrice Talon et le nouvel homme fort du Nigéria Bola Tinubu. C’est l’image diplomatique forte que les deux hommes ont offert aux photographes et cameramen le vendredi 23 juin dernier en marge du  sommet pour un nouveau pacte financier tenu à Paris. Au cours d’un long tête-à tête, les deux chefs d’Etat ont eu des gestes d’affection affichant ce que les Américains appellent une « bromance » (amitié forte). Ils semblent sincères comme larrons en foire. 

A  l’issue de l’entretien, le président Tinubu déclare : les relations du Nigéria avec le Bénin sont «  comme celle  de jumeaux siamois, unis par les hanches et soutenus par d’autres pays ». Talon répond : «  tout ce qui  est interdit au Nigéria  sera également interdit au Bénin ». Les dés viennent ainsi d’être jetés pour le retour à la normale des relations entre le Bénin et le Nigéria. Mais, personne ne peut oublier les quatre dernières années de relations glaciales et exécrables entre les deux pays caractérisées par la fermeture unilatérale des frontières terrestres le 20 août 2019 décrétée par le président nigérian sortant Muhammadu Buhari et d’une passe d’arme à fleurets mouchetés. Cet embargo avait été annoncé pour durer 28 jours. Finalement il durera 16 mois. L’impact sera énorme des deux côtés de la frontière.  Arrêt du trafic routier, interdiction du passage des camions de marchandises et des personnes. Cambistes et déclarants en douanes au chômage. Blocage de l’économie informelle qui alimentait des millions de personnes. Officiellement, Abuja a évoqué des raisons sécuritaires et la contrebande de certains produits notamment le riz, les tissus wax, la friperie et la protection de son marché, pour justifier la fermeture de ses frontières terrestres. Aliko Dangoté sera désigné, comme celui par qui le malheur de millions de Béninois et Nigérians qui vivent du commerce transfrontalier a commencé.

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Nouvelle ère dans les relations Bénin - Nigéria: Soumission ou réciprocité?

Conflictuelles et tendues pendant l’ère Buhari, les relations entre le Bénin et le Nigéria donnent des signaux d’apaisement avec l’arrivée de Bola Tinubu à Aso Rock. Le président Talon qui en rêvait depuis des lustres se montre « très docile » et très « souple » afin de maintenir de bonnes relations avec le nouvel homme fort d’Abuja.

« Nous sommes prêts à travailler avec vous pour mettre en œuvre des politiques qui protégeront nos économies aux entrées terrestres et maritimes.Tout ce qui est interdit au Nigéria sera également interdit au Bénin ». Cette déclaration du président Patrice Talon après l’audience avec son homologue nigérian à Paris il y a quelques jours sonne comme la nouvelle ligne directrice de la coopération benino-nigériane. Les images affichent deux chefs d’Etat assez complices, s’embrassant avec beaucoup de chaleur et s’affichant sur une photo les mains dans les mains. Longtemps restée en hibernation avec la fermeture des frontières terrestres entre les deux pays, cette coopération trouve une bonne occasion de renaissance avec la réouverture de ces frontières quelques jours après l’arrivée du président Bola Ahmed Tinubu. Pour maintenir cette bonne nouvelle et cette main tendue du nouveau président du Nigéria, le chef de l’Etat béninois entend jouer sa partition.

Et comment ? Depuis la proclamation des résultats de l’élection du président Tinubu, Patrice Talon a multiplié les gestes de décrispation.

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Bénin: l’UPR dans l’ivresse de la majorité mécanique

Bénin: l’UPR dans l’ivresse de la majorité mécanique

Au cours d’une conférence de presse donnée hier au parlement par le parti Union Progressiste le Renouveau, le parti s’en est pris au parti Les Démocrates qu’il accuse d’abuser de ses pouvoirs et prérogatives. Un discours qui a surpris plus d’un au regard des dernières actualités de l’Assemblée Nationale. Insincérité. Tel est le mot qui résume la conférence de presse du parti UPR. Hier à l’Assemblée Nationale, le parti majoritaire a animé une conférence de presse au cours de laquelle il a chargé le parti Les Démocrates accusant ses députés de privilégier les intérêts et l’auto-promotion au détriment de ceux des populations qu’ils représentent.

Plus loin, la déclaration lue par le président du groupe parlementaire l’honorable Aké Natondé accuse le parti de l’opposition d’abuser de ses droits et de ses prérogatives et enfin de tirer sur la corde régionaliste. Selon plusieurs observateurs de la vie politique béninoise, le discours tenu n’aurait pu être que celui du parti Les Démocrates. En effet, les griefs de l’UPR sont bien ceux dont beaucoup de Béninois les accusent. Pour eux, le parti UPR soutenu par le Bloc Républicain(BR) ne se préoccupe pas de la situation du parlement et abuse de sa majorité.

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Interdiction de la croisade du Dr Kumuyi: Yayi comme bouc émissaire ?

Interdiction de la croisade du Dr Kumuyi: Yayi comme bouc émissaire ?

 Après son succès franc au Cameroun, le Ghana et le Togo, la croisade de prières du pasteur Kumuyi a été empêchée au Bénin. Si les raisons officiellement évoquées sont la présence de la fièvre Lassa à Porto Novo, certains observateurs estiment que cette interdiction est motivée par des raisons subreptices renforcées par l’implication de Boni Yayi dans cette croisade de prières. Une croisade est une campagne de prières et d’évangélisation qui vise à nettoyer un lieu et des personnes des impuretés qu’ils contiennent. Il faut préciser qu’une croisade chrétienne dans un pays est une occasion pour rapprocher le peuple à la parole de Dieu.

C’est une occasion pour créer les conditions afin de les amener à écouter la parole de Dieu. Au Bénin, la délégation des organisateurs est allée rencontrer le Président Boni Yayi à son domicile afin que ce dernier aide à la promotion de cette croisade qui se tient sur le territoire béninois. Le thème de la croisade du pasteur Kumuyi au Bénin est intitulé : « La libération surnaturelle ». A en croire les organisateurs, ce sera un rendez vous pour le Révérend et Patriarche J C Dr  Kumuyi, celui qui a prié pour les peuples dans la sous-région et le monde entier. Il y a deux mois, il était au Togo, Cameroun et Ghana. Son passage n’a jamais été vain. Dans chaque pays, il fait des exhortations et invoque une grande puissance divine  qui poussent les participants à la croisade, à sentir la présence de Dieu à leurs côtés. Il transforme le cœur des participants, vide leur chair et dès lors qu’ils acceptent la présence du Très-Haut dans leur vie, ils reçoivent les bénédictions surnaturelles. 

Dr Kumuyi est un homme de Dieu. Depuis plusieurs  années, il sert Dieu. Tout pays qui le reçoit ne peut que recevoir des bénédictions , des dons dans divers domaines : victoire sur le diable, réussite dans les affaires, santé pour les enfants, la famille… . Un passage du pasteur, c’est une pluie de guérisons qui descend sur tous les participants car Dieu est un Dieu de feu . Il consume tout ce qui lui est désagréable. Il détruit les idoles qui sont au Ciel, sur la Terre et dans le monde invisible. Il fait beaucoup de miracles : les handicapés se lèvent, les aveugles voient, grâce à la puissance de Dieu.

Dr Kumuyi vient pour la deuxième fois au Bénin après 2013 car notre pays était choisi comme le premier pays pour relancer ses campagnes d’évangélisation. Cette croisade sera l’occasion pour remettre la République dans les mains de Dieu. Ainsi, après le Togo en 2022, cette année en  2023, c’est le Bénin pour une deuxième fois.

Fiasco au Bénin

A leur descente au Bénin,  la délégation des organisateurs est allée rencontrer l’ancien président Boni Yayi qui s’investit ces derniers temps dans l’évangélisation afin qu’il participe à la  mobilisation générale du peuple autour de la croisade de Porto Novo. C’est dans ce cadre que le Président a invité tout le monde et toutes les âmes perdues à la rencontre de Dieu. C’est  comme au Nigeria, où l’équipe de Kumuyi est allée rencontrer l’ancien président Babangida afin qu’il aide à la mobilisation du peuple, et ce dernier n’avait pas hésité à demander au peuple du Nigéria d’aller écouter la parole de Dieu en participant à la croisade du Dr Kumuyi pour que les problèmes vitaux de la société trouvent solutions grâce à la puissance de Dieu. 

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Position ambiguë du BR au Bénin: tantôt de la majorité, tantôt de la minorité

Position ambiguë du BR au Bénin: tantôt de la majorité, tantôt de la minorité

En dépit de son idéologie libérale publiquement exprimée, le Bloc Républicain affiche une instabilité dans sa posture politique. Le parti qui doit desormais chercher son équilibre entre une majorité présidentielle bicéphale et une minorité qui le menace, donne le plus mauvais exemple de l’instabilité politique après les réformes de 2019. Le Bloc Républicain est  toujours en quête de stabilité et de cohérence dans sa posture politique. Membre à part entière de la majorité présidentielle qui accompagne le président Patrice Talon depuis 2019, le parti n’a pourtant pas hésité à revendiquer son appartenance à la minorité parlementaire lors des débats et processus de désignation des représentants de l’Assemblée Nationale dans les parlements régionaux et la Haute Cour de justice.

Le parti s’est trouvé un positionnement ambigu et surprenant. Il est de la minorité parlementaire. Pour être plus précis, le parti est de la « minorité de la majorité ». Il n’est pas en fait de la minorité vue comme le courant politique minoritaire au parlement. Non. Il est de la majorité parlementaire c’est-à-dire du bloc des députés majoritaires. Dans le cas d’espèce, cette majorité est constituée par les partis UP LE Renouveau et le BR. Cette majorité contrôle le bureau du parlement avec deux membres sur les sept. Cette majorité parlementaire est, par ailleurs partie intégrante de la majoritaire présidentielle qui soutient le président Patrice Talon et qui est composée aussi des partis satellites comme l’UDBN, Moele Bénin et bien d’autres. Dernier exemple de l’appartenance du BR aux majorités présidentielle et parlementaire c’est la visite rendue au président du parti par son homologue du parti UP le Renouveau. La posture de minorité dans la majorité n’est donc qu’une position conjoncturelle et opportuniste qui veut que le parti se démarque de l’UP le renouveau pour pouvoir bénéficier de prébendes politiques du moment.

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