Le président du FONAC, Jean-Baptiste Elias, est revenu hier dimanche 07 avril, sur la crise préélectorale au Bénin. Nombre de ses interrogations semble mériter la réaction du président de la République, à moins de donner raison à ceux qui soutiennent qu’il –Talon– cautionne l’exclusion des partis de l’opposition de la course aux législatives du 28 avril.

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Jean-Baptiste Elias était l’invité de l’émission «Version originale» de la télévision Carrefour (TvC) qui avait pour le thème :«Trois ans de rupture, premières élections non inclusives pour quelles conséquences ?». Pour le président du Front des Organisations Nationales de Lutte contre la Corruption (FONAC), le chef de l’Etat est la seule personne capable de faire en sorte que les législatives de 2019 soient inclusives au lieu d’un match amical entre l’Union progressiste (UP) et le Bloc Républicain (BR) tel que projeté pour le 28  avril.

Les exclus ont donné la preuve de leur désir de participer

L’annonce d’un tel match anti-démocratique, une première au Bénin, a conduit le pays dans une impasse électorale sans issue jusque-là. Les forces politiques de l’opposition se voient exclues à l’épreuve des réformes du système partisan voulues par le président Talon. Même sort pour les partis de la mouvance qui ont refusé de se fondre dans ces deux blocs pro-Talon (UP et BR). Il y a exclusion.

Mais les partisans de ces deux blocs défendent le contraire. Pour eux, ceux qui sont hors compétition ne voulaient pas y aller. Une fausse affirmation selon le président du FONAC. Il en veut pour preuve, les différents frais payés par ces partis et leurs candidats. « Ils- les candidats de ces partis, ndlr- ont tous payé (les impôts pour avoir) le quitus fiscal. 2751 en dehors des deux blocs ont payé» indique Jean-Baptiste Elias. Cela fait plus de deux milliards de francs Cfa, à l’en croire.

Il souligne qu’en plus, les partis qui ont déposé leur dossier à la  CENA ont tous payé les 249 millions F Cfa de caution exigée par le nouveau code électoral. Le payement de ces sommes est une preuve  entre autres, de la volonté de ces partis de  prendre part aux élections, à en croire le président du FONAC. «C’est faux de dire qu’ils ne veulent pas aller aux élections» affirme-t-il.

Talon va-t-il respecter ses paroles ?

Jean-Baptiste Elias, croyant toujours à la bonne foi du chef de l’Etat, l’invite à ne pas croire aux mensonges de ses partisans et d’ouvrir la compétition à tous ces partis qui veulent y participer. Il lui propose de prendre une ordonnance à propos. C’est un acte qui donnera du sens aux propos de Talon tenus lors de ces différentes audiences au palais de la Marina où il a constaté lui-même l’impasse, déploré une élection sans l’opposition puis souhaité l’organisation de législatives inclusives.

Selon le président du FONAC, si le blocage du consensus par les  députés était par exemple au sujet du vote du budget de l’Etat, le président de la République aurait pris une ordonnance . «Mais pourquoi, les députés bloquent aujourd’hui, vous ne prenez pas une ordonnance pour le faire ? » lance t-il en direction de Patrice Talon. « Prenez l’ordonnance Mr le président. C’est respecter aussi les textes.» insiste t-il, arguant que c’est tout à fait faisable, à moins que le président lui-même ne décide de créer le blocage.

«Laissez les gens venir. Quand ils vont venir et qu’ils vont mordre la poussière, ils vont se calmer et ils vont dire ‘’je suis passé devant le peuple, le peuple m’a vomi. Mr le président de la République, prenez vos responsabilités, faites en sorte que tout le monde participe.» conseille Jean-Baptiste Elias au président Talon.

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