Témoin, le 31 mars 2019, du congrès d’investiture du candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) pour l’élection présidentielle de 2021 au Niger, le Président du Comité Afrique de l’Internationale Socialiste (IS), Emmanuel Golou, témoigne de l’esprit démocratique du Président Nigérien et s’adresse au peuple de son pays, le Bénin, au sujet de la crise préélectorale qu’il y a.

Message d’Emmanuel GOLOU

 

Sur invitation du Camarade Mohamed BAZOUM, Ministre de l’intérieur de la République du Niger et Président du Parti Nigérien pour la Démocratie et le Socialisme (PNDS), j’ai pris part, le 31 mars 2019 au Congrès d’investiture du candidat du parti pour l’élection présidentielle de 2021. La ferveur de l’évènement a, une fois encore, consolidé ma foi en la démocratie comme le meilleur système de gouvernance des sociétés modernes.

Tout en saluant la solidarité de tous les camarades de l’Internationale Socialiste qui ont fait le déplacement de Niamey, la Direction du Comité Afrique par ma voix adresse ses chaleureuses félicitations au Camarade Mohamed BAZOUM qui a été désigné comme candidat du PNDS pour l’élection présidentielle nigérienne de 2021 et lui souhaite une campagne victorieuse.

Je suis admiratif de l’esprit démocratique du camarade Mahamadou ISSIFOU, Président de la République du Niger, militant du PNDS, pour son patriotisme et son sens élevé de l’Etat. Par son engagement à respecter la constitution nigérienne au terme de ses deux mandats, il vient de démontrer à la face du monde que la démocratie, malgré quelques reculs et hésitations, s’enracine et se consolide sur le continent africain. Par son acte, il a honoré son pays le Niger et l’Internationale Socialiste, sa famille politique. Par son acte, il a imprimé une nouvelle dynamique à la démocratie en Afrique. Par son acte, il a montré la voie à suivre désormais à tous les démocrates Africains.

Témoin de cet évènement qui marque un progrès démocratique majeur dans l’espace CEDEAO, je ne saurai m’empêcher de penser à la situation sociopolitique dans mon propre pays, le Bénin. C’est pourquoi, au nom de la paix, j’invite les autorités gouvernementales du Bénin au respect des principes constitutionnels notamment le pluralisme politique et les droits de l’opposition républicaine tels qu’ils sont prévus par la CEDEAO dans le Protocole A/SP1/12/01 sur la Démocratie et la Bonne Gouvernance. La marche démocratique de notre pays est un processus irréversible. C’est pourquoi je souhaite vivement que nos habitudes démocratiques soient maintenues, renforcées et consolidées.

Dans l’histoire de l’humanité, toutes les fois que les acteurs politiques ont tenté l’exclusion, les conséquences ont été immédiates, désastreuses et catastrophiques. De tout temps, les lois d’exclusion n’ont apporté que des conflits et des exactions. En ce moment où, le Rwanda célèbre le douloureux, 25e anniversaire du génocide de 1994 a-t-on seulement le droit d’oublier que c’est l’exclusion qui a nourri la haine qui a été à la base de cette tragédie ?

Dès lors, est-ce une option que le Bénin peut essayer ? Je réponds catégoriquement NON. Pour moi, organiser l’exclusion des partis politiques de l’opposition de la compétition démocratique, c’est renier la conférence nationale et ses acquis que sont la stabilité politique et l’alternance démocratique.

Enfin, le Renouveau démocratique a permis à notre pays de vivre 28 ans de stabilité politique, constitutionnelle et institutionnelle. Sur le plan politique, les acquis sont notables et incontestables. L’exclusion entraine la violence et c’est pourquoi, il ne faut rien faire qui entraine la violence. Il faut impérativement trouver les moyens pour organiser des élections inclusives et je sais que nous en sommes capables, car nous sommes le Bénin, un pays de paix. ! Le coût de cette démarche sera nécessairement minime par rapport aux conséquences qu’engendrerait l’exclusion sur plusieurs générations.

Cotonou, le 10 Avril 2019.

Emmanuel GOLOU

Président du Comité Afrique de l’IS.

3 Commentaires

  1. Ce sont des comparaisons insensées. S’est-il/rapproché des opposants nigériens pour savoir comment ils ont toujours été traités. Politiciens véreux et intellectuels tarés se discutent la palme d’or du mensonge au Bénin.
    Golou parle de quel Niger?

  2. Merci á M, Golou de rappeler à Talon les conditions de génocide rwandais : L’exclusion qui reste une bombe à retardement. L‘erreur que Talon est en train de commettre en tentante de « rwandiser » ou « erdoganiser » le Bénin sera lourde de conséquences inimaginables. Les contextes ne sont pas les mêmes. Et ici c’est le Bénin. Mais comme il reste sourd aux nombreux appels, il sera tenu responsable des conséquences de son entêtement et de sa politique de ruse et de rage.

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