(Des dirigeants politiques puissants, ondoyants, et pourtant mortels… ) Poursuivons notre précédente réflexion !Les tentatives de sortie de crise du premier Béninois n’ont été qu’un jeu politique et nous plongent dans une situation inédite ; notre démocratie acquise douloureusement est devenue insignifiante et vidée de sens. Nous sommes donc passés de la dictature de développement, sous le messie politique, pour arriver à la dictature des lois liberticides sous cette gouvernance des faiseurs de roi.

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Dans la situation actuelle que vit notre pays, le Bénin, où nous allons vers une politique monocolore, vers un prochain Parlement exclusivement d’obédience présidentielle, la dictature menace donc toutes les libertés publiques, l’indépendance de la justice ; puis provoque la mort morale des institutions de contre-pouvoir et organise la fin de l’alternance politique objective. Ce monde chaotique à venir a été si bien préparé et orchestré par le pouvoir actuel des faiseurs de roi. L’opposition, en minorité dans la Législature sortante et sans grande stratégie, n’a pas pu déjouer tous les plans de la mouvance ; sa petite victoire à l’occasion de la révision manquée de la Constitution béninoise fut de très courte durée ! Sans nul doute Patrice TALON a fonctionné avec la majorité parlementaire de Boni YAYI et celle de l’ancienne télécommande utilisée depuis Paris. Il les a bien instrumentalisées pour mettre en place son cadre juridique. Désormais, libéré en partie d’elles, il compte constituer sa majorité parlementaire personnelle.

Dans notre ouvrage, La frénésie du messianisme, nous écrivions ceci : « Un certain approfondissement de notre réflexion révèle que le faiseur de roi intronisé, même s’il se distingue dans sa relation à la visibilité et à la commodité possède en lui des relents de maître du roi passé, au sens où il sait bien user du jeu de démarcation périphérique d’avec le régime d’antan parce qu’il en était non seulement un fondateur, mais aussi un mandant. Mais au fond, les plaies structurales liées à la mentalité, à l’anthropologie et à l’administration du pays ne disparaissent pas par un miracle. Il n’y a pas de miracle à ce niveau. Et en plus, nous sommes toujours sous l’emprise du messianisme, un messianisme intrinsèque à l’esprit clanique, féodal et royaliste de nos sociétés africaines. Un messianisme impétueux, prétentieux, présomptueux qui s’affûte dans les caves des sectes ésotériques. Le vernis ne fait pas la qualité du bois ; la décoration ne change pas la vétusté d’une salle. Le messianisme des faiseurs de roi est plus fin dans les manœuvres politiques et son influence est à la fois morale et matérielle. » (pp. 67-68-69). En dehors d’incarner l’autorité de l’Etat, de protéger le pays, la seule chose positive dans l’exercice du pouvoir politique n’est que le service de l’Etat pour le développement intégral du pays. Mais, dans son déploiement, le pouvoir politique rime avec les honneurs, la richesse, la duperie, la mesquinerie, la fraude, la tricherie, le mensonge, le drame, les malversations et la démence. Il y a dans le pouvoir politique quelque chose de puissamment grisant qui inhibe les sens et les sensibilités en rendant le détenteur du pouvoir sur-puissant au point de baigner dans une sensation d’immortalité née de cette sur-puissance. Les dirigeants politiques vivent dans cette bulle et ont tendance à écouter uniquement les familiers et les amis vivant dans cette même bulle qu’eux. Tout se passe comme s’ils sont uniquement préoccupés par l’entretien de leur image, la stratégie de leur communication, et l’ardent désir de se constituer une majorité politique. Il ne doit pas être facile pour un chef d’Etat de concilier la fouge d’avoir une majorité politique, l’ambition effrénée de rester au pouvoir et l’épanouissement socio-économique de son peuple. C’est justement pour cela que nous constatons des crises sociales lorsqu’un chef d’Etat n’écoute pas son peuple comme il le faut, ne fait pas, bien entendu avec discernement, la volonté légitime de ses concitoyens, mais leur impose un schéma de développement qui, malheureusement, ne profite qu’aux riches citoyens et aux investisseurs étrangers. Construire des routes, des infrastructures ne signifie pas que le panier de la ménagère s’améliore.

Il est vrai que même le plus cruel dictateur au monde a une partie de son peuple acquise à sa cause, mais jusqu’à quand ? Il semble qu’on veuille renouveler toute la classe politique, il semble qu’on souhaite un pays politiquement monocolore pour mieux diriger, il semble qu’on souhaite une démocratie propre au Bénin ! Mais ne serait-il pas prétentieux de croire que cela soit favorable à la paix, que le peuple soit si doux ou que ce soit juste une partie du peuple qui soit manipulée ? Un peuple pauvre, affamé, analphabète est peut-être fragile, mais constitue une braise. N’est-il pas plus facile de produire une démocrature dans un pays individualiste, pauvre à plusieurs égards et à fort taux d’analphabétisme comme le Bénin ? Notre questionnement se penche sur le machiavélisme, le moralisme et la praxis en politique.

L’institution présidentielle est très politique, il est bien vrai ; mais faudrait pas qu’elle se dénature et se dégrade sous le surpoids des intrigues politiques au point de perdre de vue l’engagement sacrificiel pour le peuple. Le soin du peuple est plus important et plus productif que la bataille politique. Doit-on le rappeler, un chef d’Etat en exercice n’est pas un chef de parti politique, encore moins un président d’honneur de parti politique. Normalement, la fonction présidentielle ne divise pas, ne poursuit pas. Elle délègue, rassemble, coordonne, garantit l’indépendance des institutions, et ne terrorise personne, parce qu’elle a, elle-même, peur. Mieux, elle protège les libertés publiques, écoute humblement les corps constitués de la Nation, sauvegarde la paix, et se met au-dessus des clivages politiques et des règlements de compte. Etre Président de la République ou Président de l’Assemblée Nationale ou Président d’Institution de contre-pouvoir, c’est une vocation, un service, un sacrifice ! Nous le savons tous ; et particulièrement l’institution présidentielle n’est pas une royauté !

Les prochaines élections législatives, si rien ne change, et si elles tiennent, elles seraient une victoire déloyale pour l’image du pays, un échec pour l’héritage démocratique du Bénin, et l’inauguration d’une autre République ! Le pays survivra, mais nous passerons tous, à tour de rôle. Nos dirigeants actuels agissent comme s’ils sont les touts premiers et les derniers à la tête de ce petit pays qui ne vend à l’extérieur que sa démocratie! Certainement qu’il y aura autre chose à vendre à l’extérieur du pays, mais quoi ?

En réalité, c’est en accomplissant le bien de tous, en aidant au bonheur de chacun, en assurant la vraie justice et la paix sociale qu’on entre dans l’immortalité, et puis l’histoire retient qu’on a été un dirigeant digne, humble, impartial, sage et rigoureux.

Abbé Arnaud Eric Aguénounon

Ecrivain-Essayiste  


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25 Commentaires

  1. en mathématique..et en science appliquée..l’inffinement petit et l’inffinement grand..sont gouvernés par les memes principes et les lois

    Ce n’est pas étonnant…que dans la théorie mathématique pour résoudre..un probléme..complexe…on le divise..len plusieurs morceaux…les plus petits possbles..manipulables,…par les connaissances à notre dispostions

    L’intégrale…la sommation..en sont des illustrations

    L’opposition..serait bien inspiré…à diviser..nos 77 communes..gérérables…et faire de chacune.. d’elle…un bastillon imprenable….en mini état

    L’élimination physique..de tout rupturien..dans cet espace me parait..justifié….

  2. Sonagnon
    Avec nos politicards ventrocrates qui exploitent le menu peuple, ce n’est pas demain la veille que nous serons au niveau de la Corée du Sud.
    Regarde un peu ce vieux prince de Gjakotomey qui se balade en couche-culottes pour faire campagne sur la régression de notre peuple. C’est une honte!

    • C’est évident que nous ne pouvons jamais atteindre le niveau des sud coréens.
      Le développement C’est d’abord dans la tête avant sa mise en oeuvre.
      Regardez seulement sur ce forum, on n’a pas besoin de faire de longues études pour savoir que ce que Patrice Talon fait est inacceptable . Mais il se trouve des gens qui viennent justifier et défendre.
      Allomann, Agadjavidjidji et beaucoup d’autres. Comment un pays peut avancer avec des gens qui ne savent pas réfléchir ou refusent tout simplement de voir la réalité en face???
      C’est triste et malheureux.

  3. Tout porte à croire que l’africain est maudit.
    Le CFA détruit nos économies, mais nos dirigeants continuent à s’y accrocher.
    La démocratie qui fait que ça avance chez les autres, chez nous un montre vient toujours pour tout remettre en cause. Et n tourne en rond.

    Plus de 50 ans d’indépendance, et rien n’a bougé presque.
    La Corée du Sud était au même niveau de développement que le Dahomey en 1960.

    Allez en Corée du Sud aujourd’hui, la démocratie fonctionne, des élections régulières, l’alternance régulière et une économie florissante.

    Sans ce sérieux, le Bénin, comme les autres pays africains ne connaîtront jamais le développement.

  4. La justesse des mots, la pertinence de l’analyse et le courage mêlé d’un désir d’aller de l’avant qui se dégage de la lecture de l’article du l’essayiste béninois qu’on ne nomme plus ne saurait laisser indifférent. Le Bénin à soif qu’un nouveau vent démocratique souffle sur ses fils. Mais cher père nous pensons aussi à notre humble avis que ce qui manque à nos dirigeants c’est ce que nous voulons appeler une certaine “démophilie”.
    La démocratie sans cette ” démophilie” (amour du peuple) ne peut être que DEMONCRATIE.
    Merci Père nous vous suivons avec plaisir.

  5. Quelle vertu que celle de celui qui s’approprie avec ses amis de l’AIC 2.5 millards supplementaire sur les recettes du coton…
    En se donnant 50% d’augmentation de leur prelevement de 5 millards sur les revenus du coton alors que les paysans etaient genereusement gratifies de 2% d’augmentation, l’AIC de Talon ne fait certainement pas preuve de vertu !
    Est ce la vertu qui amene WADAGNI a accorder des exonerations douanieres et /ou fiscales au PVI /Benin Control de la famille Talon?
    Arretez de nous parler de vertu a propos d’un clan mafieux, enrichi par le siphonnage des resources publiques ( achat d’usines au franc symbolique, garanties publiques de l’etat sans contrepartie, oligopole et cartel, ententes…) et de la valeur cree par nos paysans…
    Ne nous parlez de vertu a propos de dandys obinbules par le paraitre et le bling bling qui nous endettent pour acheter des cailloux de Scandinavie au lieu de construire des murs d’ecole !
    NON!
    Ce clan est la personnification de la prise en otage de notre economie et de notre societe par des sorciers cupides et arc boute sur leur volonte de controle exclusif du pouvoir politique en se servant d’artifices legaux

  6. Couché s’est le soleil dans son silence le plus douloureux. Une longue nuit s’immisce en enfer. Visiblement, plus aucun arbre ne dort. La famine crie et pleure. Nuit blanche nimbée de rouge amertume. Ruse et rage tiennent les rênes d’un pouvoir apatride. Riant gracieusement, la mauvaise foi vire au noir cauchemar. L’insurrection populaire déshabille le silence. La démocratie béninoise, pour une fois, se cache pour ne plus du tout sourire. Où donc trouver des étoiles à mettre sous ce joug luisant de tristesse et si cuisant? Sans mot dire, les maux tourbillonnent comme idolâtrie d’occurrence. Ruse et rage. La mort dans l’âme, le soleil se couche. Toute plaisanterie mise en touche, la plus belle des démocraties glisse lamentablement vers son sépulcre. Riant tout haut, pleurant tout bas. Son cœur est un requiem. Talonnade après talonnade superflue, le rêve change de cap, dérape et se perd. La politique a eu raison de la morale. L’argent assombrit l’humanisme. Ainsi danse et trébuche mon pays dans la honte la plus stérile. Il est temps de laisser la béninoiserie trépasser de sa belle mort. Sinon… sinon la tempête n’aura pas eu fini de nous éclabousser de son pied de nez en 2021. Ruse et rage toujours accoucheront des catastrophes d’ineptie ou, pire, des inepties catastrophiques.
    Sous Talon, l’histoire retiendra que notre mont Everest de la corruption aura accouché d’une souris hideusement P.A.G. Entendez Programme d’Arriération de la Gouvernance.

  7. C’est bien que des mots lancés puissent suggérer divergence de pensées. La structure du texte est assez coriace. Mais se comprend bien. En fait je voudrais rappeler à ceux qui, des philosophes, ont cités, arrivent à placer les propos dans leur juste contexte. Ce n’est pas une diatribe religieuse, mais politique. Et l’essayiste ne donne aucune référence théologique. La philosophie a réconcilié tous les humains. Et ce n’est que son propre que de s’interroger sur la politique. C’est pourquoi on parle de philosophie politique. Et il faut assez de philosophie pour mener à bien une nation. Un homme sage qui veut gérer une cité où habite les hommes, n’est pas un dictateur mais est un exemple afin que ses concitoyens voient l’immortalité de son entité parce qu’épris de vertu.

  8. Abbé continue d’ecrire et ne va pas celebrer la messe en ce temps pascal.Qui a besoin de toi dans ce debat hautement politique?

  9. Rien de bon ne peut être fait au Bénin sans la dictature des lois.
    Les occidentaux nous ont trouvé le mot ¨DEMOCRATIE¨ auquel nous africains sommes accrochés au prix de l´amélioration de nos conditions de vie commune.
    Cessons de voir la dictature partout, faisons l´effort d´apprécier les faits avec un objectivité.

  10. Merci Abbé pour cette belle plume! Il y a des esprits myopes qui ne peuvent comprendre aujourd’hui le sens de vos propos! Ils font parti des nombreux analphabètes que compte le Bénin, malgré qu’ils aient été à l’école, et que le Prince de la rupture séduit naturellement! Ils sont peut-être déjà à la rivière de la rupture! Mais la dictature n’épargnera personne, j’en suis sûr! Ce n’est qu’une question de temps pour ceux qui se réjouissent aujourd’hui! Encore un peu de temps et ils verront.

  11. le benin..est grippé de ses fils…dits leaders…qui quitteront ce monde dans la honte et le deshonneur

    Le mépris..total…l’ingratitude..la vénalité…et le pouvoir…ont été révélé aux beninois

    Yayi..se présente..comme un avertisseur…et on ne l’a pas écouté

    On a parlé..de france afrique…on a parlé de lz..comme une force de colonisation de l’afrique

    Le peuple..au qi..proche de zéro s’est engouffré…..

    Voilà…notre propre fétiche…qui commence à nous manger

    Le responsable…ce sont tous ceux..qui ont permis celà..

      • Oui mon cher paul..

        et cette fois ci..je veux etre porté comme …le pr de l’opposition

        Et je ne rigole pas..

        J’ai une stratégie…pour faire plier…le v..o you….en une seule journée…

          • Ledoux…j’y serai…le 12/04 à franckfort

            La première chose à faire..on ira prier..dans une mosquée

            Je t’invitera à prendre un bon kébabb..turc plus un bon thé noir

    • Rien de bon ne peut être fait au Bénin sans la dictature des lois.
      Les occidentaux nous ont trouvé le mot ¨DEMOCRATIE¨ auquel nous africains sommes accrochés au prix de l´amélioration de nos conditions de vie commune.
      Cessons de voir la dictature partout, faisons l´effort d´apprécier les faits avec un objectivité.

  12. r l’Abbé vous dites que construire des routes, des infrastructures ne signifie pas que le panier de la ménagère s’améliore mais sachez que c’est un préalable pour l’amélioration du panier de la ménagère, il ne peut pas y avoir consensus au cours d’une réforme, il y a des réformateurs et des conservateurs et le jeu démocratique est un jeu de majorité une réforme par consensus n’est plus une réforme.Quand il s’agit de leur appliquer la loi qu’ils ont eux même voté
    on trouve à dire. L’opposition a péché en étant trop exigeante or elle sait qu’elle n’a pas la majorité

  13. La politique tout comme la religion est une escroquerie morale et psychologique exercée sur les populations.
    Le dire ainsi ne signifie pas être “un athé”.
    Comme l’avait dit Karl Max, la religion est vraiment l’opium du peuple.
    Jésus sur terre n’avait pas créé ni religion ni église.

  14. La plaidoirie de bonne qualité et pleine de retenue de l’ Abbé Arnaud Eric Aguénounon va glisser comme de l’eau sur le dos de ces co.n.n.a.r.d.s de politiciens béninois qui sont en dessous de tout.
    Il n’y a pas un pour sauver l’autre. On ne dirait pas qu’ils sont au service du peuple et des petites gens.

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