Depuis le 28 avril 2019, notre pays a perdu sa quiétude, son peuple, quoique résolu et déterminé, a le regard hagard et ne réalise toujours pas, la traque politique, la violence et l’insécurité qui lui tombent sur la tête. A tout ceci, s’ajoute le sort que fait la République à Boni YAYI un de ses serviteurs les plus loyaux et les plus dévoués.

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Depuis plusieurs semaines, Boni YAYI, ancien Président de la République (2006-2016), est cantonné chez lui, privé de ses droits constitutionnels, interdit de sortie, de visite, de soins et contraint à un régime plus sévère que celui qui est fait ordinairement à un criminel dangereux.

Devant vous, pendant cinq (5) ans, j’ai combattu politiquement le Président Boni YAYI lorsque j’étais le Directeur de Cabinet et Porte-parole du Président Adrien HOUNGBEDJI. Devant vous, pendant cinq (5) nouvelles années, en tant qu’universitaire, libéré de tout engagement politique, j’ai défendu face aux Gouvernements YAYI ce qui me semblait être l’intérêt général, les libertés, la démocratie et l’Etat de droit.

Aujourd’hui, ce qui est en cause c’est la dignité d’un des nôtres et, au-delà, la réputation de notre pays. Il faut le dire, le traitement qui est fait à Boni YAYI, depuis quelques semaines, est injuste. Boni YAYI qui a dirigé ce pays pendant dix (10) ans, celui que nous connaissons et que nous avons vu au service des plus déshérités, infatigable pour la cause de notre pays, cet homme-là, qui a respecté les règles électorales et a même été capable de fait jouer les règles démocratiques y compris pour rendre possible l’élection de son adversaire irréductible, ce Boni YAYI là, ne mérite pas ce que nous lui infligeons.

Je voudrais le dire de toutes mes forces, non pas pour accuser mais pour en appeler à la conscience de ce pays. Notre conscience collective et l’humanité des hommes qui habitent ce pays tolèrent-elles que l’Etat inflige à un de ses fils, qui plus est, ancien Chef d’Etat, un traitement aussi dégradant, en marge de toute légalité et sans aucune décision de justice ? Si Boni YAYI n’est pas au-dessus des Lois, il n’est pas non plus en dessous.

Si par notre silence collectif, nous restons insensibles au sort du Président Boni YAYI, si de notre silence collectif, le Gouvernement tire la force de poursuivre l’internement de Boni YAYI et son isolement au risque de sa santé, nous aurions tous, citoyens et gouvernants, contribué à inaugurer aujourd’hui un cycle de règlement de comptes qui rendrait désormais possible, malgré nos lois, la chasse à l’homme et l’humiliation d’adversaires politiques par tous les moyens. Si enfin, il peut être possible en Afrique et en 2019, de traiter un ancien Chef d’Etat de cette façon, alors et alors là, le Bénin aura ruiné tous les efforts faits ces trente (30) dernières années d’abord, pour rendre possible l’alternance, ensuite, pour faciliter la transmission pacifique du pouvoir et enfin, pour expliquer aux Chefs d’Etat africains qu’il y a une vie paisible après le pouvoir.

Les temps ne sont pas bons et nous avons le devoir patriotique et l’obligation morale de nous demander si nous sommes bien sur la bonne voie, si notre pays se renforce ou se fragilise en mettant sur les routes de l’exil certains de ses enfants, en jetant d’autres en prison pour leurs opinions. Demandons-nous aussi si l’unité de notre peuple, la cohésion nationale et la paix préalables au progrès social sont renforcées par les évènements en cours dans notre pays depuis quelques mois.

Je voudrais donc en appeler à la retenue et inviter tous les acteurs, notamment le Président de la République, l’élu de la Nation, à garantir les libertés constitutionnelles, à préserver ce havre de paix et à travailler, malgré les divergences politiques inéluctables, à la fraternité entre les Béninois afin que le pays ne bascule dans une impasse qui n’épargnera personne d’entre nous.

Alors, pour Boni YAYI, citoyen béninois et ancien Président de la République, je réclame liberté. Pour Boni YAYI, citoyen du monde libre, et serviteur de la cause africaine, je réclame dignité.

Que Dieu bénisse notre pays.

Frédéric Joël AÏVO
Professeur de droit constitutionnel
Doyen Honoraire

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18 Commentaires

  1. Pour ma part mr Joël dans son post c’est un cours de quel droit vais je dire.le mal de ce pays est le faite que vous croyez que vous détenez une petite connaissance livresque vous trompez ce petit peuple qui n’a pas eu cette notion.de tout ce que vous déplorez le président Yayi n’a commis aucune faute il est jalousé par Talon qui met ce pays sous boisseau.vous avez été directeur de cabinet de houngbedji et porte parole n’est ce pas ?vous connaissez nos villages?vous y allez souvent?il manque d’honnêteté dans tout ce que vous avez écrit ? Vous mangez combien de fois par jour?vos enfants vont à l’école où?vous buvez quelle eau roulez quelle voiture?excusez moi beaucoup l’État dans lequel le bénin se trouve depuis 30ans de démocratie est acceptable?vous etes resté avec houngbedji ,nos députés ont toujours recherché le bien être de la population partout?si à ces petites questions vous répondez consciensement je crois que vous n’avez bien muri vos ecrits c’est là je dis que le vrai problème de ce pays c’est vous qui croyez que avec la démocratie tout va bien?je ne défends personne mais il faut apprendre à changer de voie des que celle empruntée ne donne pas les résultats.80% de ce peuple est dans la vraie galère,la misere c’est depuis 3ans?non !pourquoi?il y a trop de corruption les projets mal executés c’est cela la démocratie. Vous natif de porto novo depuis 30ans une seule voie rentre a porto novo et vous louez pierre, paul, êtes vous si sentimental que votre ex leader tchoco tchoco je crois vous devez faire la part des choses.vous faites du parti pris pour montrer que vous compatissez.ne nous trompez pas.les cadres n’aiment pas ce pays,quand vos intérêts sont menacés vous changez la version des faits.personnellement c’est des gens comme vous qui ont conduit ce pays dans le gouffre car aujourd’hui ici demain la bas faisant l’apologie de l’un au detriment de l’autre demain.il manque du patriotisme dans nos gestes et faits.excusez moi c’est vous qui entraînéz ce peuple dans des déviations où la guerre peut éclater. Vous en savez mieux que nous sur les pratiques de nos politiciens vous en faites partie,vous défendez quoi aujourd’hui?des que les gens cherchent à trouver une porte de sortie pour apaiser vous écrivez pour que les gens durcissent leur position.vous ,vous avez au moins vécu dans les pays de vraie démocratie, sommes nous réellement en démocratie celle qualifiée par Yayi même Nescafé cela veut dire que le ver était dans le fruit avant talon.que les choses continuent de se faire quand on vous prive de certains avantages vous devenez opposant jouissant plus qu’un enseignant.qu’avez vous fait pour ce pays?vous voulez nous conduire vers la guerre soyez patient elle vous emporterait vous les premiers car ce peuple souffre réellement. Au moment ou les uns et les autres cherchent à apaiser les gens vous vous mettez à incriminer l’un au détriment de l’autre.vous avez manqué beaucoup de sagesse,si vous ne pouvez pas apaiser alors garder votre intelligence de professeur agrégé à enseigner.vous mettez de l’huile encore sur le feu.Yayi a géré 10ans ce pays plus jamais il ne peut être président à moins que vous fassiez un forcing.donc qu’il soit le chef de l’opposition c’est son droit mais qu’il s’y conforme.mr Joël c’est normal de voir des ex président au marché?donnez à chacun sa part de responsabilité et.dans cette affaire c’est le manque de confiance quinous a conduit ici et ce n’est pas d’aujourd’hui depuis1990 oui si ce n’est pas cela pourquoi kerekou en 1996 écrivait un livre:’où va le bénin’ vous traitant’.d’intellectuels tarés à certains moments, le bénin peut réussir et doit reussir.c’est comme une transition vous devriez vous réjouir mr Joël car on verrait clair dans cette classe politique vieille qui n’a pas donné la promesse des fleurs.si yayi avait donné le meilleur de lui meme comme vous le dites comment le peuple ne suivrait il pas son ordre de voter zinsou
    (mr zinsou,depuis les élections vous l’avez vu encore).on a
    pas besoin de sortir d’université de calavi ou tous les étudiants et professeurs n’ont jamais rien fabriqué ‘made in benin’ (un simple vélo jamais fabriqué.) pour lire et comprendre l’actualité politique il y a une haine viscérale et congénitale qui nous tue,tue le bénin.Aidons l’autre car le pays est pour tous.il ne mourra pas au pouvoir (ce temps passera aussi).Pays de 11millions d’âmes 350partis politiques ça veut dire quoi ?on se connait tous.personne n’est étrangere à l’autre.merci.changeons de mentalité.

  2. Voilà un Professeur qui prend toujours le mauvais rôle. Il est toujours prêt à fait à mettre ce qu’il enseigne pour satisfaire la soif politique. Yayi Boni est-il intouchable ? Est-il au dessus des textes de la République ?

  3. Mr le Professeur la dignite s’octroie! Quand un ancien President de la republique se comporte de la maniere que le monde enter a vu au marche dantokpa cela est-il vraiment digne de son rang?

  4. Il se prend pour qui Joël Aïvo .
    Qu’il vende son agrégation Cames aux Béninois.
    Pas à nous ;puisque que le Plombier a connu de grands universitaires aux USA 🇺🇸, en France 🇫🇷 au Royaume Uni et en Suisse 🇨🇭.
    Alors Aïvo ; détendez-vous et faites la politique autrement.
    Vous n’êtes pas plus intelligent que le meilleur d’entre nous qu’est Me Djogbenou
    Je passais
    Le Plombier

  5. Tout est dit. Il faut être inhumain et insensible pour ne pas comprendre ce qui se passe. Mais cela ne nous étonne plus il y en aura toujours à qui même une loupe ne servira à rien l’argent, la vengeance, la haine et le plaisir de voir son compatriote souffrir les aveuglent…pure béninoiserie et c’est cela qui fait malheureusement qu’on ne se développe pas, on a beau avoir tout.
    Libérez yayi point trait.

  6. Merci M. Aivo. Il était trmps que des voix s’élèvent pour dénoncer l’arbitraire qui règne en maître dans ce pays depuis l’avènement de ce régime et dont M. Boni est la victime la plus connue mais pas l’unique malheureusement.
    Voilà un homme qui en dehors de tout cadre légal a été maintenu emprisonné chez lui pendant plusieurs semaines. Sans doute sous la pression de certaines personnes, le regime decide de rectifier le tir en habillant l’arbitraire d’un semblant de légalité avec une pseudo-instruction confiée à un pauvre juge qui n’a d’autres choix que d’exécuter les ordres venus d’en haut. C’est tragique. C’est comique. Mais ça ne trompe personne, ni au Bénin, ni en dehors.
    On peut dire merci aussi à son jeune avocat qui s’est battu seul pendant plusieurs semaines contre ce système ubuesque avant d’être rejoint par son collègue Kato-Attita. Pour le reste, l’intelligentsia beninoise ne sort pas grandie de cette pantalonnade

  7. Merci Professeur, pour cet article et cette analyse impartiale.
    « par notre silence collectif, nous aurions tous, contribué à inaugurer aujourd’hui un cycle de règlement de comptes qui rendrait désormais possible la chasse à l’homme et l’humiliation d’adversaires politiques par tous les moyens. »
    Vous avez parfaitement raison Professeur, et je partage totalement votre avis.
    Mais quand on analyse les choses un peu plus en profondeur, on peut dire que le peuple n’a pas pour autant gardé le silence.
    Souvenez-vous ! le jour où les soldats du diable Talon sont arrivés pour la première fois encercler le domicile de Mr Boni YAYI, le peuple de Cotonou s’est levé spontanément – sans aucun mot d’ordre de qui que ce soit – pour montrer son opposition à ce qui se passait.
    Mais la suite, vous le connaissez ! en Afrique les dictateurs ont une arme redoutable, et le diable à la tête du pays ne s’en est pas privé. Il sait qu’en ordonnant aux soldats de tuer des manifestants aux mains nues, les rassemblements vont cesser. Cette arme a bien fonctionné comme vous pouvez le constater. Si nos compatriotes n’avaient pas cessé de se rassembler devant le domicile de Boni YAYI, le diable Talon n’hésiterait pas à tuer des milliers de béninois pour faire de ce pays ce qu’il veut – il en est capable, et est animé d’une farouche détermination.
    Bref, je ne dirai pas qu’il y a un silence collectif, mais un silence forcé, car si les manifestations avaient continué, on aurait déjà déploré des milliers voire des millions de morts aujourd’hui – car cet homme est le pire dictateur que l’Afrique ait connu. Mais il va mal finir – je le crois fermement.

  8. Oui, M. AÏVO, vous avez raison de vous indigner, insurger contre l’arbitraire.
    Le Bénin est méconnaissable depuis quelque temps. Et tous, les jours la situation se dégrade. Les intellectuels et la société civile ont cessé de jouer leur rôle d’éveilleur de conscience, de gardien du temple. En lieu et place, ils sont allés au mangeoir de la république. Mais lorsqu’on veut déjeuner avec le Diable, il faut s’assurer d’avoir une longue fourchette. Aujourd’hui c’est YAYI et ils regardent ailleurs. Mais demain, ce sera leur tour… C’est juste une question de temps.

  9. Question de réputation :

    Monsieur Le professeur, dans la plupart de vos interventions, il ressort une envie insatiable de préserver notre réputation, la réputation du pays et désormais la dignité de la personne humaine. Une question me taraude cependant, quelle est la réputation du Bénin, celle bien avant l’avènement du régime actuel.

    – pays sous sous-développé ?
    – pays du tiers monde ?
    – pays pauvre ?
    – pays de grande corruption ?
    – pays à gouvernance décadente ?

    D’ailleurs quelle est la base de notre réputation ? Pourquoi continuons nous de mettre en place des relations de coopération avec des pays de faible réputation ? Serait-ce parce que nous voulons un développement durable ?

    Monsieur le prof, pensez-vous que la réputation d’un pays précède à son développement et au bien-être de son peuple. Quant à la dignité, n’oubliez pas de défendre celle de tous ceux là qui n’ont pas accès ni à l’eau potable, ni à l’éducation. Oui Monsieur eux aussi vivent dans notre pays.

    • De quel développement parlez-vous? Celui à la rwandaise, un pays encore plus misereux que le Bénin, même si de réels progrès ont été réalisés.
      Ensuite, vous présentez votre opinion comme si lutter pour sortir nos compatriotes de la pauvreté passait nécessairement par la mise au placard de nos maigres libertés individuelles. En 70 années d’autocratie plus ou moins sévère, aucun pays africain n’a reduit la pauvreté de manière significative. Pas UN SEUL. Il est temps d’arrêter avec cette imposture de dictature du développement de merde.

  10. Tout se passe pour l’ancien président comme dans un film. On le déplore tous mais personne n’ose réagir tout haut parce que la peur de se faire embastiller, comme c’est l’habitude depuis quelques mois dans le pays, cette peur là nous habite. Notre silence craintif est coupable. Mais que pouvons-nous devant un pouvoir résolu à botter le cul à tout à quiconque se met en travers de chemin? Il fait des choses bien, je le concède mais il fragilise l’unité de ce pays et la paix qui y règne jusqu’encore. Témoin les agitations de Tchaourou. Il faut savoir raison garder. Il y a une vie après le pouvoir; il y a aussi un nom à laisser.

  11. Ton profes.seur a il rendu les milllions du contribua.ble qu’ils se sont partagés lors de la fabrique du torchon pour modifier la constitu.tion

  12. Que faudrait il ajouter à cette plaidoirie ? A mon avis rien.
    Que l’on soit du sud, du centre, de l’est, de l’ouest ou du nord du bénin, Yayi est l’un des nôtres et de plus il a dirigé ce pays pendant 10 ans avec sa force et ses faiblesses.
    A mon petit niveau je l’ai souvent critiqué ici dans ses choix; mais on sentait qu’il aime notre pays.
    Il ne mérite aucunement le traitement qui lui est réservé en ce moment.
    Yayi n’est quand même pas devenu du jour au lendemain un hors la loi non!

  13. “Si Boni YAYI n’est pas au-dessus des Lois, il n’est pas non plus en dessous.”

    Alors il serait à côté, au même niveau que nos lois. Serait-il la loi dans ce pays ? De grâce le professeur ne l’a pas dit et moi non plus je ne le dirai pas. Mais que nul ne s’y méprenne, aucune personne, ni physique, ni morale n’est au-dessus de nos lois et cela va sans dire qu’aucune ne représente la loi dans le pays.

    • Toi tu dois être en France parce que tu as trop écouté Sarkozy. Vous avez copié tous les travers des blancs a tel enseigne que vous les singez.

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