Le tribunal de première instance de Cotonou a reporté au 20 avril 2026 l’examen du conflit interne qui agite le parti Les Démocrates. À l’audience du 16 avril, les conseils des plaignants Éric Houndété et François Comlan ont développé leurs arguments pour contester la désignation de Nourénou Atchadé à la tête du parti.
Les contestations sur le processus d’élection
Selon Bip Radio, les quatre avocats des plaignants ont sollicité l’annulation de la désignation de Nourénou Atchadé ainsi que de l’ensemble des actes posés dans le cadre de ses fonctions. Selon Me Gracias Adjagba Amoussou, cette présidence serait une « présidence fantoche », issue d’une procédure contraire aux statuts du parti. Ses confrères, Me Vlavonou et Me Yaya Pognon, ont respectivement évoqué une violation des textes et un « coup de force » politique.
Les plaignants estiment que la réunion du 23 mars ayant conduit à cette désignation est entachée d’irrégularités. Ils soutiennent qu’Éric Houndété avait suspendu la séance, ce qui aurait nécessité la convocation d’une nouvelle réunion. Ils affirment également que le poste de président n’était pas vacant et qu’un délai d’un mois après la démission de Boni Yayi serait requis pour constater cette vacance.
La défense rejette les griefs
La défense de Nourénou Atchadé rejette l’ensemble des arguments avancés par les plaignants. Me Urbain Sohounmè soutient que la vacance du poste était bel et bien établie, rappelant qu’Éric Houndété lui-même aurait signé des actes en qualité de président intérimaire.
Concernant la régularité de la séance, Me Rodrigue Davakan affirme que l’assemblée avait autorisé, par acclamation, la poursuite des travaux. Il précise également que le quorum était atteint, avec 86 participants lors du conseil ayant procédé à la désignation d’Atchadé. Les avocats de la défense demandent au juge de constater la nullité des assignations jugées infondées. Ils réclament la condamnation des plaignants à 100 millions de francs CFA de dommages et intérêts, ainsi que le paiement d’honoraires évalués à 50 millions de francs CFA.
Prochaine étape
Le magistrat a ordonné le renvoi pour permettre aux avocats de déposer leurs notes de plaidoirie avant la prochaine audience fixée au 20 avril. Cette crise judiciaire intervient alors que le parti Les Démocrates, principal groupe d’opposition béninois, traverse une période de turbulences internes depuis la démission de Boni Yayi le mois dernier.



