Blocus de l'US Navy : l'Iran continue d'exporter son pétrole, ses voisins arabes lourdement perturbés

Depuis l’entrée en vigueur du blocus naval américain sur les ports iraniens le 13 avril 2026, la République islamiqueparvient à préserver une partie significative de ses exportations pétrolières, tandis que les monarchies du Golfe font face à des perturbations majeures de leur production et de leurs routes d’acheminement.

En moins de dix jours suivant l’instauration du dispositif, au moins 34 pétroliers liés à l’Iran ont franchi le blocus américain dans les deux sens, selon les données de la société de suivi maritime Vortexa. Parmi eux, six ont acheminé environ 10,7 millions de barils de brut iranien vers les marchés extérieurs, pour des revenus estimés à plus de 900 millions de dollars. Ce niveau d’exportation reste proche de celui enregistré en mars, avant le blocus.

Téhéran maintient le cap, le Golfe cherche des alternatives

L’Iran dispose d’un avantage structurel : en tant que puissance riveraine du détroit d’Ormuz, il conditionne le transit à ses propres intérêts. Chatham House relève que Téhéran continue d’acheminer son brut vers la Chine via le détroit, tout en maintenant la voie maritime fermée aux exportations des États arabes du Golfe.

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Ces derniers subissent des perturbations considérables sans être à l’arrêt. Selon l’Agence internationale de l’énergie, les flux pétroliers transitant par Ormuz sont passés de 20 millions de barils par jour avant le déclenchement des hostilités le 28 février à un peu plus de 2 millions en mars. L’Arabie saoudite détourne une partie de ses exportations vers le port de Yanbu sur la mer Rouge via l’oléoduc Est-Ouest, les Émirats arabes unis via le terminal de Fujairahsur la mer d’Arabie. La capacité combinée de ces deux infrastructures ne dépasse pas 5,5 millions de barils par jour, loin des volumes habituellement acheminés par le détroit. L’Irak, qui ne dispose d’aucune route maritime alternative équivalente et tire 90 % de ses recettes budgétaires du pétrole, est le plus exposé des économies arabes du Golfe.

Un blocus dont l’efficacité reste à démontrer

Les exportations iraniennes accusent néanmoins une baisse. Elles sont passées d’environ 1,5 million de barils par jour avant la guerre à 1,2 million depuis le 13 avril, soit un recul d’environ 20 %. Saeed Laylaz, économiste à l’université Shahid Beheshti de Téhéran, estime que si le blocus se prolonge, « plus de deux ou trois mois, il peut causer davantage de dégâts » à l’Iran, mais que ceux infligés aux pays du sud du Golfe seront « certainement » plus importants.

Les pourparlers indirects entre Washington et Téhéran, conduits sous médiation pakistanaise à Islamabad les 11 et 12 avril, ont échoué sans accord. L’Iran a conditionné toute reprise des négociations à la levée préalable du blocus. Donald Trump a prolongé la trêve en vigueur depuis le 8 avril sans fixer d’échéance précise. Selon Jamie Ingram, rédacteur en chef du Middle East Economic Survey, l’Iran pourrait être contraint de réduire sa production dans les deux prochaines semaines si ses capacités de stockage atteignent leur limite.

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