Au 100e jour du conflit qui oppose Israël à l’Iran, une nouvelle escalade s’est produite dans la nuit de dimanche à lundi. Après une série de frappes croisées entre Tel-Aviv et Téhéran, les rebelles houthis du Yémen sont entrés dans la confrontation, annonçant une interdiction totale de navigation israélienne en mer Rouge et revendiquant un tir de missile vers Israël. La trêve du 8 avril, déjà fragile, semble au bord de l’implosion.
Beyrouth, point de départ de l’embrasement
Tout a débuté dimanche avec une frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth, en dépit d’une demande explicite de Washington de cesser les opérations dans le secteur. L’attaque a tué au moins deux personnes et blessé vingt autres. En réponse, l’Iran a lancé une première salve de missiles vers Israël — première frappe depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu début avril, venant compromettre les efforts de médiation en cours.
Frappes israéliennes sur une usine pétrochimique iranienne
Israël a riposté en ciblant des infrastructures économiques iraniennes. L’armée de l’air israélienne a frappé plusieurs cibles au sein d’une installation pétrochimique à Mahshahr, dans la province du Khouzistan, dans le sud-ouest de l’Iran. Le vice-gouverneur de la province a confirmé des dégâts, précisant que le bilan humain serait communiqué ultérieurement.
Des explosions ont également été rapportées à Téhéran, Tabriz et Ispahan à la suite des frappes israéliennes. L’Iran a répliqué avec une deuxième vague de missiles. L’armée israélienne a confirmé l’identification de nouveaux tirs depuis l’Iran, ses systèmes de défense étant activés pour intercepter la menace. Aucune victime n’a été signalée en Israël à ce stade, selon les services de secours israéliens.
Les Houthis ferment la mer Rouge
La situation a pris une nouvelle dimension avec l’entrée en scène des Houthis. Le mouvement armé yéménite a revendiqué un tir de missile en direction de la zone de Tel-Aviv et annoncé une interdiction complète et totale de navigation israélienne en mer Rouge, déclarant considérer tout mouvement ennemi comme une cible militaire légitime.
Cette annonce fait craindre un retour aux perturbations majeures sur cette voie maritime stratégique mondiale. Les Houthis, qui avaient largement suspendu leurs opérations depuis le cessez-le-feu d’avril, signalent ainsi leur retour dans le conflit aux côtés de l’Iran.
Trump contredit par Nétanyahou
Ces développements surviennent alors que la relation entre Washington et Tel-Aviv traverse une zone de turbulences. Dans un entretien téléphonique accordé au Financial Times dimanche, Donald Trump a insisté sur le fait que c’est lui, et non Benyamin Nétanyahou, qui « prend toutes les décisions » concernant Israël.
Trump a confirmé avoir traité Nétanyahou de « fou » lors d’un appel récent, au cours duquel il lui avait ordonné de stopper des frappes planifiées sur Beyrouth. « Je ne dirais pas que j’étais en colère. J’étais un peu irrité par ses combats constants avec le Liban », a-t-il déclaré. Trump a publiquement affirmé qu’il demanderait à Nétanyahou de ne pas riposter aux frappes iraniennes, se disant « mécontent » des frappes israéliennes sur Beyrouth. Nétanyahou a néanmoins ordonné les représailles.
Un accord américano-iranien fragilisé
L’Iran a déclaré ce lundi que les États-Unis portaient une responsabilité dans la reprise des combats, affirmant que les actions israéliennes « ne peuvent être séparées » de celles de Washington.
Trump, qui se disait encore récemment « très proche » d’un accord avec Téhéran, voit ses efforts diplomatiques mis à rude épreuve. La question de savoir qui sera en mesure de faire respecter un futur accord avec l’Iran demeure sans réponse, alors que les frappes se succèdent.



