Le gouvernement du Burkina Faso a formellement notifié West African Resources (WAF) de son intention de porter la participation de l’État dans la mine d’or de Kiaka à 40 %, contre 15 % actuellement. La démarche donne suite au projet de décret adopté en Conseil des ministres le 19 février 2026, qui prévoyait l’acquisition de 25 % supplémentaires dans le capital de Kiaka SA, société exploitant la mine du même nom.
En anticipation de l’annonce officielle, WAF a suspendu vendredi la cotation de ses actions à la Bourse australienne (ASX). La société a confirmé l’ouverture de discussions avec Ouagadougou, conduites par l’intermédiaire de la Société de Participation Minière du Burkina Faso (SOPAMIB), structure publique chargée de porter les investissements de l’État dans le secteur extractif. Les conditions financières de la transaction restent confidentielles et aucun accord n’a été formalisé à ce stade.
Un décret fondé sur le code minier de 2024
La démarche repose sur le code minier adopté en juillet 2024, qui a relevé la participation gratuite de l’État dans les projets miniers de 10 % à 15 %, et autorise l’acquisition de parts supplémentaires sur une base commerciale. C’est dans ce cadre que WAF avait aligné, en 2025, la structure actionnariale de ses trois opérations — Sanbrado, Kiaka et Toega — avec les nouvelles dispositions, ramenant sa participation à 85 % dans chacune d’elles.
La mine de Kiaka, située à 110 kilomètres au sud-est de Ouagadougou, est entrée en production en juin 2025, avec un premier lingot coulé avant le calendrier prévu et sous budget. Le gisement abrite des réserves estimées à 4,8 millions d’onces d’or et devrait produire en moyenne 234 000 onces par an sur une durée de vie de vingt ans.
Une montée en puissance productive malgré l’incertitude
La notification intervient alors que WAF prévoit une année 2026 record. La société australienne anticipe une production totale comprise entre 430 000 et 490 000 onces, contre 300 383 onces en 2025, grâce à la première année pleine d’exploitation de Kiaka, attendue entre 240 000 et 280 000 onces, et à la contribution continue de Sanbrado.
Cette situation n’est pas sans précédent au Burkina Faso. En août 2024, l’État avait nationalisé les mines de Boungou et Wahgnion pour environ 80 millions de dollars, un montant très inférieur à leur valeur estimée à 300 millions. Des mines détenues par Endeavour Mining et Lilium avaient également été transférées à la SOPAMIB en juin 2025. WAF a indiqué que les discussions avec le gouvernement burkinabè se poursuivaient sur une base confidentielle, sans calendrier annoncé pour la conclusion d’un accord.



