Le gouvernement chinois a dévoilé une initiative diplomatique pour la stabilisation du Moyen-Orient, ce 14 avril 2026. Mao Ning, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, a présenté sur le réseau social X quatre principes proposés par le président Xi Jinping, visant à contenir les tensions entre les États-Unis et l’Iran et à restaurer la paix régionale.
Le plan repose sur le respect mutuel de la souveraineté des États du Golfe, la construction d’une architecture de sécurité commune, la défense du droit international et l’intégration du développement économique aux objectifs de sécurité. Pékin affirme être « prête à partager avec les pays du Golfe les opportunités offertes par la modernisation chinoise ».
L’initiative face à l’impasse diplomatique
Cette proposition intervient après l’effondrement des négociations entre Washington et Téhéran. Le vice-président américain J.D. Vance a quitté Islamabad sans accord dimanche, les deux puissances restant divisées sur le programme nucléaire iranien, le financement des groupes régionaux et le contrôle du détroit d’Ormuz. Le lendemain, les États-Unis ont annoncé un blocus naval des ports iraniens, aggravant la tension après plus d’un mois de conflit.
La Chine, qui entretient des relations commerciales et diplomatiques avec l’Iran et les monarchies du Golfe, se présente depuis plusieurs années comme médiateur régional. Pékin avait notamment facilité la normalisation entre l’Iran et l’Arabie saoudite en 2023.
Une réponse aux inquiétudes internationales
Le plan chinois s’articule autour de quatre piliers. Le premier appelle à « rester fidèle au principe de la coexistence pacifique » et propose « la construction d’une architecture de sécurité commune, globale, coopérative et durable pour le Moyen-Orient ». Le deuxième principe réaffirme qu’il « importe de soutenir les États du Golfe » en respectant « la souveraineté, la sécurité et l’intégrité territoriale », tout en protégeant vigoureusement « la sécurité de leur personnel, de leurs installations et de leurs institutions ». Ces deux premiers volets contredisent implicitement la stratégie américaine de blocus unilatéral.
Le troisième pilier insiste sur « la défense fermement du système international centré sur les Nations Unies » et « l’ordre international fondé sur le droit international ». Cette disposition s’oppose aux mesures de coercition extraterritoriales et juge que seul le cadre multilatéral peut légitimer les actions coercitives. Le quatrième point lie développement et sécurité, affirmant que « la Chine est prête à partager avec les pays du Golfe les opportunités offertes par la modernisation chinoise ». L’hypothèse sous-jacente est qu’une prospérité partagée réduirait les sources de conflit régional.
Cet ensemble de principes exprime les inquiétudes de la communauté internationale face à la volatilité du Moyen-Orient. Les puissances tierces redoutent une escalade incontrôlée du conflit américano-iranien, susceptible de perturber les flux énergétiques mondiaux et de déstabiliser les alliés régionaux. Aucun mécanisme de mise en œuvre n’accompagne pour l’heure cette initiative. Les chancelleries se concentrent sur le maintien du cessez-le-feu en vigueur jusqu’au 22 avril.



