Les États membres des BRICS examinent plusieurs propositions en vue d’une position collective sur la guerre qui embrase le Moyen-Orient depuis fin février. Denis Alipov, ambassadeur russe en Inde, a confirmé ces discussions lors d’un entretien accordé à la chaîne indienne WION jeudi 16 avril 2026.
Cette concertation intervient alors que les tentatives diplomatiques pour mettre fin au conflit piétinent. Les négociations marathon tenues à Islamabad entre Washington et Téhéran se sont soldées par un échec dimanche, le vice-président américain J.D. Vance rentrant aux États-Unis sans accord. L’Iran a réaffirmé sa volonté de poursuivre les discussions, mais campe sur son droit au nucléaire, tandis que les États-Unis et Israël exigent l’abandon de toute capacité d’enrichissement de l’uranium sur le sol iranien. Un cessez-le-feu fragile est en vigueur depuis le 8 avril, dont la prolongation reste incertaine.
Un consensus au sein du bloc
« Nous aimerions avoir une réaction des BRICS à la guerre du Golfe. Et il y a plusieurs propositions à ce sujet », a déclaré Alipov, précisant que ces propositions « sont sur la table ». L’ambassadeur reconnaît néanmoins l’absence de position unifiée, qu’il attribue à la nature même du bloc : « un format informel basé sur le consensus » où « aucune tactique de pression » n’est exercée entre membres. Le groupe, qui réunit la Russie, la Chine, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et plusieurs pays admis lors de l’élargissement de 2024 — dont l’Éthiopie, l’Égypte et les Émirats arabes unis —, ne dispose d’aucun mécanisme de décision contraignant, ce qui complique la formulation d’une réponse coordonnée face à un conflit impliquant directement l’Iran, un partenaire stratégique du bloc.
Une guerre aux répercussions mondiales
Sur le terrain, la situation demeure tendue. L’Iran maintient sa fermeture du détroit d’Ormuz, voie de transit pour une part significative des exportations pétrolières mondiales, tandis que les États-Unis poursuivent leur blocus des ports iraniens. Le Liban et Israël sont liés par un cessez-le-feu de dix jours, salué par l’ONU, bien que sa tenue sur le terrain reste à confirmer. Le FMI a abaissé sa prévision de croissance mondiale à 3,1 % pour 2026, imputant directement cette révision aux perturbations énergétiques liées au conflit.
La prochaine séquence diplomatique entre Washington et Téhéran pourrait se tenir à nouveau à Islamabad, selon la porte-parole de la Maison-Blanche Karoline Leavitt, qui a indiqué que des discussions étaient en cours pour une reprise des pourparlers, sans calendrier confirmé à ce stade.


