Iran : depuis Pékin, Lavrov met en garde Israël contre une erreur de calcul

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a mis en cause la position d’Israël vis-à-vis de l’Iran lors d’une déclaration faite ce jour mercredi 15 Avril 2026 à Pékin, en Chine. Le chef de la diplomatie russe a estimé que l’idée selon laquelle l’État hébreu pourrait détruire l’Iran reposait sur une erreur d’appréciation qui ne devrait pas être soutenue par les États-Unis.

S’exprimant devant des journalistes au cours de cette visite officielle, Sergueï Lavrov a décrit une crise « extrêmement difficile à démêler », évoquant des tentatives en cours pour la résoudre par des moyens rapides, qu’il juge inefficaces. Selon lui, la situation actuelle découle directement des actions militaires menées fin février contre l’Iran par les États-Unis et Israël.

Une lecture russe des causes du conflit

D’après le ministre russe, les conséquences de ces opérations étaient prévisibles, notamment en ce qui concerne les tensions régionales et les répercussions économiques. Il a également évoqué des impacts sur certains pays arabes accueillant des installations militaires américaines.

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Dans son analyse, Sergueï Lavrov a mis en avant une conviction attribuée à Israël, selon laquelle l’Iran devrait être éliminé, une position qu’il a jugée incompréhensible. Lavrov considère cette approche comme une erreur de calcul aux conséquences potentiellement lourdes pour l’ensemble de la région.

Le ministre a aussi fait référence aux déclarations du président américain Donald Trump, estimant qu’elles avaient suscité de vives réactions sur la scène internationale. Il a exprimé son attente d’un changement d’approche de la part de Washington, appelant à davantage de réalisme dans les discussions engagées avec Téhéran, notamment à l’occasion de récents échanges évoqués au Pakistan.

Désaccord persistant sur le nucléaire iranien

La question du programme nucléaire iranien reste au centre des tensions entre les différentes parties. Israël considère ce programme comme une menace directe pour sa sécurité, tandis que l’Iran affirme son caractère civil. La Russie, pour sa part, soutient le droit de Téhéran à développer une filière nucléaire à des fins pacifiques.

Sergueï Lavrov a rejeté les accusations américaines et israéliennes sur une éventuelle militarisation du programme iranien, affirmant que des inspections internationales n’avaient pas établi de preuves en ce sens. Il a également critiqué l’Union européenne pour son rôle dans le rétablissement des sanctions internationales après le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien.

Rôle de la Chine et perspectives diplomatiques

Le chef de la diplomatie russe a salué les efforts de la Chine dans le rapprochement entre l’Arabie saoudite et l’Iran en 2023, qui a permis la reprise des relations diplomatiques entre les deux pays après plusieurs années de rupture. Il a estimé que ce type d’initiative pouvait contribuer à stabiliser la région.

La Russie affirme rester disponible pour participer à des discussions visant à trouver une issue à la crise, à condition que les intérêts régionaux et le droit international soient pris en compte. Les échanges diplomatiques en cours, notamment entre Washington et Téhéran, devraient se poursuivre dans les prochaines semaines.

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