Des adultes n’ayant jamais contracté de mariage présentent un risque de cancer significativement supérieur à ceux qui l’ont été au moins une fois dans leur vie. C’est ce qu’établit une étude publiée le 1er avril 2026 dans Cancer Research Communications, revue de l’American Association for Cancer Research, conduite par des chercheurs du Sylvester Comprehensive Cancer Center de l’Université de Miami.
L’analyse porte sur plus de 4 millions de cas de cancers malins diagnostiqués entre 2015 et 2022 dans douze États américains, au sein d’une population de plus de 100 millions de personnes. Les chercheurs ont comparé les taux d’incidence selon deux catégories : les personnes n’ayant jamais été mariées, et celles l’ayant été — incluant les divorcés et les veufs.
Un écart de 68 à 85 % selon le sexe
Les résultats montrent que les femmes jamais mariées affichent un risque d’incidence supérieur de 85 % à celui des femmes ayant été mariées. Chez les hommes, cet écart atteint 68 %. Ces différences persistent sur presque tous les types de cancer majeurs et dans l’ensemble des groupes raciaux et ethniques étudiés. L’écart est plus marqué après 50 ans.
Les cancers liés aux infections, au tabac ou à des facteurs reproductifs — anal, du col de l’utérus, de l’œsophage, du foie et du poumon — présentent les associations les plus fortes avec le statut matrimonial.
Corrélation, pas causalité
Les auteurs insistent sur la portée limitée de leurs conclusions. «Le mariage ne prévient pas magiquement le cancer», souligne le Dr Paulo Pinheiro, co-auteur et professeur d’épidémiologie du cancer à l’Université de Miami. L’association observée ne permet pas d’établir un lien de cause à effet : des effets de sélection pourraient expliquer une partie des résultats, les individus en meilleure santé étant statistiquement plus susceptibles de se marier.
Plusieurs facteurs intermédiaires sont avancés : soutien social plus développé, comportements de santé plus favorables et stabilité économique accrue chez les personnes mariées. À l’inverse, les célibataires de longue durée présenteraient davantage de marqueurs inflammatoires et de dérèglements métaboliques à l’âge moyen.
L’étude appelle à des recherches complémentaires pour mieux cerner les mécanismes en jeu, notamment en intégrant les personnes vivant en couple non marié — une population exclue de l’analyse actuelle — et en suivant les individus sur plusieurs décennies pour mesurer l’impact des transitions matrimoniales sur le risque oncologique.



